‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 106 sur 168 · DÉCRETS D’ARRESTATION · texte numérisé non relu

DÉCRETS D’ARRESTATION

qu'ils avaient les mains teintes du sang de notre malheureux collègue, est-ce alors que la Convention pouvait délibérer? Ces chapeaux lévés au signal de quelques représentants complices des séditieux, était-ce un vote? il faut les frapper, ces hommes qui ont eu l’audace de proclamer un nouveau despotisme. Vous n’avez encore pris que des demi-mesures; il n’y a plus aucun espoir de conciliation avec une minorité turbulente et factieuse. Eh bien ! puisque le glaive a été tiré, puisque le fourreau est jeté si loin , il faut combattre, il faut profiter de la circonstance pour rétablir la paix dans la Convention et dans la République. Je demande que, les mandataires infidèles, qui ont trahi le plus sacré des devoirs, qui ont, par leurs flagorneries, excité une portion du peuple contre le peuple entier, que les hommes qui ont fait ces propositions soient arrêtés. Je demande que les comités de gouvernement présentent des mesures sévères contre les députés qui ont trahi leurs serments. »

Puisqu’un représentant toujours modéré, toujours en méfiance contre l’élan de la réaction parlait ainsi , on pouvait s’attendre au déchaînement de la majorité victorieuse. — « Qu’on désigne les coupables , » répétèrent plusieurs voix. — Et alors commença une sorte d’appel nominal des Montagnards.

— « C’est Peyssard, un ci-devant noble, disait Bourdon de l’Oise, qui a fait assassiner Féraud. C’est Soubrany que les révoltés vous demandaient pour général. Nous 11e devons épargner aucun de ceux qui ont tenu pendant six heures la Convention sous les couteaux , aucun de ceux qui se sont permis de voter dans un tel moment. Surtout n’épargnons pas les quatre dictateurs qui devaient suspendre le comité de sûreté générale.

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