NOUVELLES ARRESTATIONS
Garan-Coulon remontra que cette mesure était contraire à tous les principes de la nature et de l’humanité; elle était appuyée par Dubois-Crancé , mais fut généralement repoussée. On répétait qu’elle était empruntée aux lois de Caligula et de Néron; que Robespierre l’avait mise en pratique; qu’elle avait coûté la vie à toute la famille de Guadet. Clauzel réduisit la peine à deux années de détention ; cela même fut rejeté par la question préalable.
La proposition de traduire devant la commission militaire Collot, Billaud, Barère et Vadier fut modifiée; on décréta qu’ils seraient jugés par le tribunal du département de la Charente-Inférieure; ils étaient détenus dans l’île d'Oléron. Deux jours auparavant, Thibaudeau avait réussi à écarter cette mesure. Le décret de déportation, quelle que fût sa forme, avait le caractère d’un jugement; c’était donc revenir sur la chose jugée. Maintenant la Convention ne s'arrêtait plus aux objections; elle était à un de ces moments où les assemblées se laissent emporter au flot d’une opinion victorieuse.
Déjà, sans observer les formes et les délais qu’elle avait prescrits, elle avait décrété d’accusation les vingt-sept représentants mis en état d’arrestation après le 12 germinal et le 1" prairial.
— «11 faut, disait Bourdon de l’Oise, que vous débarrassiez aussi le sol de la liberté de bien d’autres monstres qui n’ont été révolutionnaires que pour tremper leurs mains dans le sang et puiser dans les sacs d’argent. Un Pache, un Bouchotte, un Daubigni , un Audouin et bien d’autres scélérats doivent enfin subir la peine de leurs forfaits ; il n’y a que la mort qui puisse