BATAILLE NAVALE DU 4" JUIN
« enseigna le jacobinisme » à des équipages novices; il y eut des insurrections à bord. On put reconnaître que, malgré les espérances de Saint-André, l’impétuosité ne joue pas un aussi grand rôle dans un combat naval que dans une charge sur le champ de bataille. Toutefois, comme il restait des amiraux et des capitaines de vaisseau expérimentés, la marine française obtint encore d’honorables succès dans des combats partiels. Les chances étaient moins favorables lorsque les vaisseaux étaient réunis en escadre ; les représentants intervenaient dans leur direction avec une présomptueuse ignorance.
Saint-André fit sortir le 28 mai vingt-six vaisseaux de ligne de la rade de Brest, afin de protéger l'arrivée d'un convoi de bâtiments américains chargés de grains. L’escadre de l’amiral flowe était de vingtcinq vaisseaux. Le combat fut vif et opiniâtre; il se renouvela trois jours de suite.
Le représentant était à bord du vaisseau la Montagne, de cent dix canons. Il fut attaqué par cinq vaisseaux anglais , et se défendit pendant deux heures. Saint- André, blessé, se fit transporter sur une frégate , puis donna l’ordre de la retraite.
Sept vaisseaux avaient été séparés de l’escadre et furent emmenés par les Anglais, après avoir été entièrement désemparés. Le Vengeur fut tellement maltraité qu’il sombra sans que l’ennemi pût sauver et recueillir ce qui restait de l’équipage; le bâtiment s’enfonça, tandis que les marins criaient : « Vive la République ! »
Ce funeste combat fut glorieux et honora, aux yeux mêmes des ennemis, la vaillance et le dévouement des marins français. L'inscription « La victoire ou la