NÉGOCIATION AVEC LA PRUSSE
que Mallet du Pan préférât la continuation de la guerre. L’empereur, indécis et craignant de rompre avec l’Angleterre, prescrivit à son ministre de faire à la diète une réponse évasive, et surtout de s’opposer à l’idée d’une médiation.
Le comité de salut public ne s’était point hâté d’accueillir les communications qu’un négociant de Bâle , nommé Schmerfz, avait faites à M. Barthélemy, qui se trouvait alors à Baden en Suisse , et à M. Bâcher, autre agent français qui résidait à Bâle. Le prétexte dont le maréchal Mollendorf avait couvert cet essai de négociation était, ainsi que cela se pratique, un cartel d’échange pour les prisonniers. Le comité se refusa à comprendre qu’il s’agissait de plus grandes affaires ; il ne lui convenait pas de traiter de la paix avant d’avoir occupé complètement la rive gauche du Rhin et la Belgique, où Luxembourg et quelques autres places fortes ne s’étaient pas encore rendues ; d’ailleurs, sachant quels embarras la guerre de Pologne donnait au roi de Prusse, il trouvait à propos d’attendre que la paix avec la France devînt encore plus nécessaire au cabinet de Berlin.
Les hésitations de l’Autriche, la certitude qu’elle commencerait par demander un armistice préalable; sa prétention d’obtenir la Bavière en compensation de la Belgique; l’obstacle que les princes allemands possessionnés sur la rive gauche mettraient à la réunion de cette région à la France; la crainte de voir l’Angleterre exercer son influence sur des négociations générales, confirmèrent le gouvernement français dans la pensée de traiter d’une paix séparée avec la Prusse. Déjà le roi avait fait annoncer qu’il choisissait pour