NÉGOCIATION AVEC LA PRUSSE
auxquels celte cession enlèverait des portions de territoire, cherchent les moyens de s’indemuiser, soit aux dépens de la maison d’Autriche, soit dans la sécularisation des États ecclésiastiques. »
L’agent prussien était autorisé à assurer au comité que le roi ne ferait aucune difficulté pour la cession des territoires qui lui appartenaient sur la rive gauche, et qu’il n’interviendrait point dans la destinée future des Provinces-Unies.
En effet, les événements de la guerre et les progrès des armées françaises venaient de mettre en question le sort de la Hollande et l’existence du stathoudérat. L’armée du duc d’York, privée du concours des armées prussiennes et autrichiennes, était hors d’état d’arrêter l'invasion française. Carnot avait pensé qu’une campagne d’hiver était possible. Le terrible froid de cette année donnait à l’armée de Pichegru la facilité de traverser les fleuves et les canaux ; la Hollande ne pouvait plus être défendue par les inondations. Les Anglais eux-mêmes conseillèrent au stathouder de traiter et de se soumettre. Il implorait en ce moment la médiation du roi de Prusse, garant des traites qui avaient assuré l’existence de la République des Provinces-Unies.
Le comité de salut public, revenant aux projets des Girondins, voulait faire des provinces hollandaises une seule et même république démocratique, régénérée selon les idées révolutionnaires; il y voyait une alliée nécessaire de la France et une conquête pour la liberté, telle que l’entendaient les conventionnels.
C’était à ce projet que le roi de Prusse consentait tacitement. De son côté le comité de salut public gar-