‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 123 sur 168 · NÉGOCIATION A\EC LA PRUSSE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATION A\EC LA PRUSSE

dait le silence sur une cause qui dès lors commençait à intéresser l'opinion française. A cette époque, plus qu’à aucune autre, il eût été certes déraisonnable de songer à porter secours à la Pologne. Aussi se bornat-on à engager le Danemark et la Suède à intervenir en faveur de ce malheureux pays.

Vers la fin de janvier, M. Barthélemy et le comte de Gollz échangèrent leurs pouvoirs à Bâle; le plénipotentiaire prussien tomba malade aussitôt après, et mourut le 8 février 1795.

La négociation étant ainsi interrompue , l’Autriche et l’Angleterre tentèrent de mettre à profit ce délai et et de détourner le roi de Prusse d’un projet de paix partielle. Souvarof avait fini la guerre de Pologne; il était entré à Varsovie où un horrible massacre souilla sa victoire. Le traité de partage avait été signé à Saint- Pétersbourg; le roi de Prusse était mécontent de la part qui venait de lui être'faite ; Varsovie y était comprise, mais Cracovie, qui était encore occupée par ses troupes, était donnée à l’Autriche et il se refusait à évacuer cette ville. Ce grief le décida à reprendre et à terminer la négociation entamée avec la France. Il choisit, pour remplacer le comte de Goltz, le baron de Hardenberg, qui depuis est devenu un personnage si important et qui était destiné à signer, vingt ans après, des traités plus avantageux à la Prusse et plus tristes pour la France.

M. Harnier, secrétaire de la légation, était resté à Bâle; il avait la confiance de son gouvernement; ainsi la négociation était plutôt différée qu’interrompue. A la vérité le baron de Hardenberg était moins favorable que son prédécesseur à la politique de bonne intelligence avec le gouvernement franv. 29

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