POUVOIRS ACCORDÉS AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
çais; mais sincèrement dévoué à son souverain, il le servait loyalement dans l’accomplissement de ses volontés.
Avant que le comité de salut public pût conclure un acte si important et si étranger à la politique révolutionnaire, il regarda comme indispensable de se faire donner par la Convention le pouvoir de négocier et signer des traités de paix.
La discussion ne fut point telle qu'à une autre époque elle aurait été. Les folles chimères de Brissot, les déclamations de Robespierre et de Saint-Just, la jactance injurieuse de Barère n’étaient plus de saison. Ceux des conventionnels, qui ne désiraient point la paix, n’osaient plus avouer l’orgueil insensé de leurs opinions, ni contredire le cri de la France. Mais la défiance d’un pouvoir quelconque, la prétention de réduire le gouvernement à ne pas avoir une volonté, a ne pouvoir prendre une détermination , tous ces préjugés de l’esprit révolutionnaire ne manquèrent pas de reparaître. Les habiletés et les ruses de la diplomatie excitaient l'aversion et le dédain des publicistes jacobins; ils auraient voulu qu'on négociât sur la place publique, en présence du peuple souverain « comme dans la république romaine. » La permission de signer des articles secrets leur semblait surtout contraire à la dignité du peuple français. — « Quels sont donc ces si grands secrets dont on veut nous faire peur ? quelle garantie aurons-nous que les principes et les intérêts de la République n’y seront pas trahis? »
Cambacérès était rapporteur. — « Voulez-vous, disait-il, être en guerre perpétuelle avec l'Europe?»