POUVOIRS ACCOUDÉS AO COMITÉ DE SA CCT PUIILIC
— «Non, non!» s’écriait-on. — «Eh bien! il faut dire au peuple qu’on le fera périr par l’excès de la démagogie. » — Puis il demanda s’il était sage de se priver de l’avantage que peuvent offrir des stipulations secrètes? — « N'est-il pas évident qu’on peut obtenir la promesse de concessions qu’il serait impossible de réaliser et de proclamer, au moment où le traité est signé ? »
Boissy d’Anglas, s’étonnant de la méfiance qu’on témoignait au comité de salut publie, disait que la Convention avait toutes les garanties possibles : — « Chaque mois le comité est renouvelé par quart ; les membres sortants ne sont pas rééligibles. Trois membres nouveaux sont associés aux secrets et appelés ainsi à ratifier par leur consentement ce qui a été projeté ou résolu avant leur élection. »
Thibaudeau donnait à la question toute son importance et sa généralité: — « Il s’agit en ce moment de savoir si vous aurez un gouvernement ou si vous n’en aurez pas. Si vous n’investissez pas le comité de salut public d’une grande confiance, comment en inspirerait-il aux puissances étrangères? elles verront bien que la Convention fait des lois ; mais elles ne verront personne ayant la puissance exécutive; elles ne verront pas de gouvernement. 11 faut en revenir aux vrais principes d’une constitution , ou vous ne ferez que changer d’anarchie. »
La discussion fut longue; les vrais principes, comme les appelait Thibaudeau, étaient méconnus et rejetés, au nom des préjugés démocratiques. Le comité de salut public n’était pas hardi à les combattre, il fut même sur le point de proposer une sorte de transaction ; mais soutenu par quelques hommes rai-