POUVOIRS ACCORDÉS AC COMITÉ DE SALUT PLBUC
sonnables, il reprit courage. Enfin une rédaction qui n’avait rien d’anarchique fut adoptée. « Les articles secrets, dans aucun cas, ne peuvent être contraires aux articles patents ni les atténuer. »
Le véritable motif de la méfiance qu’on témoignait au comité était l’opinion vive et presque générale que l’esprit de conquête avait suscitée. Le désir de la paix était réel et même exigeant; la volonté publique semblait toutefois se prononcer pour la réunion de la Belgique et de la rive gauche du Rhin; on désirait avoir d'avance la certitude que ce vœu national ne serait point méconnu. On voulait mettre les négociateurs dans l’impossibilité d’une hésitation, en prévenant les objections d’un côté et les concessions de l’autre; le rapporteur eut donc à s’en expliquer.
— « Le comité comprend vos méfiances et ses devoirs; la génération n’a pas subi tant d’épreuves et fait tant de sacrifices, sans vouloir en assurer le fruit à sa postérité. Rassurons l’Europe après l’avoir étonnée; ne soyons pas des conquérants inexorables. Nous tracerons d’une main sûre les limites naturelles de la République : nous lui assurerons les fleuves qui , après avoir arrosé plusieurs de nos départements , prennent leur cours vers la mer, en bornant les pays soumis aujourd’hui à nos armes. Quoi qu’il en soit, l’Europe saura que nous ne sommes pas dirigés par des vues d’agrandissement, mais par le besoin du repos public. »
Cambacérès, en rendant compte des sentiments peu pacifiques qui animaient l'Angleterre , la Russie et l’Autriche, annonçait d'avance que la paix universelle et permanente ne pourrait jamais être conclue, tant
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