TRAITÉ AVEC LA RÉPUBLIQUE BATAVE
porta qu’une garantie semblable ne pourrait être étendue aux États de la maison d’Autricbe.
Le roi de Prusse garantissait la neutralité de tous les petits États germaniques situés sur la rive droite; la République s'engageait à n’y point pousser les opérations de la guerre.
Le traité qui fut conclu peu après avec les Provinces-Unies ne consacrait pas une conquête, mais accomplissait une révolution. Dès le 2 décembre, le duc d’York était retourné en Angleterre, laissant au général Walmoden le commandement d’une armée, qui ne devait pas même tenter la défense des Provinces- Unies. La maison d’Orange n’avait plus aucun espoir de salut. L’Angleterre repoussait l’idée d’une paix générale , où les intérêts de la Hollande et du stathouder auraient pu être garantis. Le roi de Prusse déclarait que les circonstances ne permettaient point de lui porter secours, et il allait bientôt par un article secret faire de cet abaudon une condition formelle. Dans cette situation désastreuse, le prince d’Orange envoya des commissaires pour négocier d’abord un armistice avec les généraux français, et puis la paix avec le comité de salut public; ils offrirent de reconnaître la République française et de payer deux cents millions; ces propositions ne furent pas écoutées.
L’armée française continua sa marche et l’armée anglaise sa retraite. Déjà Utrechtet Rotterdam étaient occupés. Les états généraux envoyèrent de nouveaux commissaires pour offrir de plus grands sacrifices. Aucune réponse ne parvenait au stathouder. 11 se rendit le 16 janvier 1795 dans l’assemblée des états. 11 y présenta la démission des deux princes ses
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fils de toutes leurs charges militaires, et demanda pour lui-même la permission de s’éloigner; elle lui fut accordée; deux jours après, au moment de son départ, il sut que le comité de salut public ne consentirait pas à une cessation d’hostilités, tant que la maison d'Orange n’aurait pas quitté le territoire des Provinces-Unies ; désormais dénué de tout espoir, il mit à la voile et passa en Angleterre.
La résistance armée ayant cessé, Pieliegru reçut des états généraux l’invitation de se rendre à Amsterdam; il y proclama, au nom de la Convention, la liberté et l’indépendance des Provinces-Unies; un gouvernement provisoire fut formé; une assemblée de représentants, élus sous l’influence française et démocratique, reconnut la souveraineté du peuple, décréta une déclaration des droits de l’homme, abolit le stathoudérat et rappela les exilés; car ce n’était pas seulement une invasion étrangère, mais le triomphe d'un parti.
Le comité de salut public attendait pour conclure un traité avec les Provinces-Unies que leur révolution fût consommée. Siéyès et Itewbell furent chargés de cette négociation et se rendirent à la Haye ; ils y arrivèrent au milieu du mois de mai. Leur tâche ne pouvait être difficile. Le véritable plénipotentiaire, c’était une armée conquérante, imposant ses volontés à une nation conquise. Mai3 on avait choisi deux hommes politiques à peu près les plus importants de la Convention, afin de donner des conseils et des directions à la nouvelle république, en même temps qu’on l’enchainait par de dures conditions à la puissance française.
Ils commencèrent par tenir le langage altier des