G TRAITÉ AVEC LA RÉPUBLIQUE BAT AVE
vainqueurs : — « Tout ici, disaient-ils, appartient à la France, et vous penseriez n’avoir rien à céder! N’étiez-vous pas les alliés des puissances qui nous menaçaient par les articles de Pilnitz et par le manifeste du duc de Brunswick? Comparez le traité que nous demandons avec le sort qu’on réservait à la France. Comment contesteriez-vous le prix de notre victoire? L’avons-nous gagnée par surprise ou par trahison? Sommes-nous entrés en Hollande comme les Anglais à Toulon? C'est bien le moins que vous acquittiez les frais de cette campagne. »
Dès le 16 mai 1795 le traité fut signé; Merlin de Douai annonça cette heureuse nouvelle, pendant les agitations de la séance permanente du 1" prairial. — « Jamais les Jacobins ne nous auraient donné cette paix, » disaient les modérés.
Deux jours après, Siéyès arrivant de Hollande présenta le traité comme rapporteur du comité de salut public, et en proposa la ratification.
— « La République n’a plus que des amis sur sa frontière du nord. Le peuple respectable et énergique des Provinces-Unies admire le courage français; plein du sentiment de la liberté, qui fait votre force et votre gloire, il jure en ce moment une alliance offensive et défensive contre tous vos ennemis.
« Le traité vous offre tous les avantages raisonnablement possibles que vous aviez le droit d’attendre, sans nuire à la bonne existence et à la dignité d'une nation devenue votre fidèle alliée.
« Je ne dirai qu’un mot sur les négociations. Les préventions étaient grandes ; on les soufflait de partout. Dès qu’on a pu s’entendre, on s’est accordé. C’est ce qui arrivera toujours à des hommes faits
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pour être libres. Enfin de part et d’autre on est content. »
Le traité reconnaissait l'indépendance de la république des Provinces-Unies et l’abolition du stathoudérat; il déclarait l’alliance des deux États; aucune des deux républiques ne pouvait traiter de la paix séparément, et la France s’engageait à faire reconnaître la république batave par les puissances avec lesquelles elle conclurait la paix.
« Le contingent des armées de terre et de mer que la république des Provinces-Unies fournirait à l’alliance était stipulé et devait servir sous-les ordres des généraux français.
* La Flandre hollandaise, Maeslricht, Vanloo et leur territoire étaient cédés à la France. Flessingue devait avoir une garnison française et le port serait commun aux deux nations. Des indemnités de territoire étaient promises pour compensation de cette cession et seraient réglées lorsqu’on conclurait une paix générale.
« Les biens meubles et immeubles de la maison d’Orange étaient remis à la disposition du gouvernement français.
« La contribution pour les frais de la guerre était réglée à cent millions de florins.
« La république des Provinces-Unies s’engageait à ne donner retraite à aucun émigré français et la république française ne devait non plus recevoir aucun émigré orangiste. »
Une pacification plus importante et plus difficile que les traités négociés avec les puissances étrangères, avait, plusieurs semaines auparavant, mis fin ou du