GUERRE DE LA VENDÉE
moins apporté une trêve à la guerre civile des provinces de l’ouest. La Convention, plus tôt et plus complètement qu’on n’aurait pu le prévoir, avait reconnu la nécessité de transiger et de faire cesser l’œuvre la plus horrible et la plus insensée du régime de la Terreur.
Après la bataille de Savenay et la dispersion de l’armée vendéenne sur la rive droite de la Loire, les généraux et les commissaires de la Convention regardèrent la guerre comme finie. Kléber et Marceau étaient reçus triomphalement à Nantes; Westermann, à la tête de sa cavalerie, parcourait le pays, ramassant les fuyards, et dissipant les rassemblements qui se formaient dans les forêts. On évaluait à quelques centaines tout au plus les Vendéens de l’Anjou et du Poitou, qui erraient encore sur la rive droite. A ce premier moment les généraux ne savaient pas que le passage de la grande armée vendéenne dans la Bretagne avait suscité une nouvelle insurrection, et que les paysans du Morbihan s’étaient armés. Ils allaient commencer une guerre, non moins formidable à la République et plus difficile à réprimer; on ne parlait pas encore des Chouans : c’étaient eux qui formaient les bandes qu'on poursuivait dans les forêts. Ceux de leurs camarades de la ri\e gauche, Angevins et Poitevins, qui avaient pu échapper aux détachements républicains, réussissaient presque tous à repasser successivement la Loire et à rentrer dans leur pays.
Marceau croyait donc que ce qui importait le plus était de reconquérir sur les bandes de Charette le bas Poitou et surtout la côte; car il fallait fermer tonte voie de communication entre l’insurrection et les secours qu’elle pouvait espérer des Anglais. Kléber et