EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE DE GRENELLE
comme par miracle, échappé aux suites que devait avoir une négligence ou un accident. Le 31 août, à sept heures un quart du matin, une commotion terrible ébranla, ainsi qu’un tremblement de terre, toute la ville de Paris et la banlieue. Les vitres furent cassées; des murailles s’écroulèrent; des portes furent détachées et brisées; l’explosion cacha un large espace du ciel par un nuage de fumée. Presque tous les membres de la Convention se rendirent à Grenelle; de promptes mesures furent prises pour relever et secourir les blessés; heureusement l’explosion avait eu lieu avant l’heure du travail, et la plupart des ouvriers n’étaient pas arrivés. L’empressement et la charité des habitants de Paris et des villages voisins de Grenelle, furent admirables; le gouvernement s’occupa aussitôt du soin des blessés et des secours nécessaires à leurs familles.
11 était naturel d’attribuer ce malheur à un accident; les chances étaient multipliées et journalières. Les directeurs ne cherchèrent aucune autre explication; ils supposèrent même qu’un sac, pris dans le magasin et porté sur un chariot, avait pu être percé, et laisser tomber une traînée de poudre; les roues de la voiture, étant cerclées de fer, auraient fait jaillir une étincelle en roulant sur le pavé, et le feu se serait ainsi communiqué au magasin.
Mais l’imagination populaire se contente rarement des causes naturelles et simples, elle est portée à supposer la malveillance et le crime. Pour les Jacobins, l’explosion de la poudrière de Grenelle fut un complot des contre-révolutionnaires, un résultat de la coupable indulgence des réactionnaires et de la mise en liberté des conspirateurs.