EXPLOSION DE LA POUDRIÈRE DE GRENELLE
La discussion recommença plus vive que jamais sur la délivrance des détenus et sur le discours de Tallien. Bourdon de l’Oise lui reprocha son langage doucereux et sa proposition de juger les hommes seulement sur les actions, sans les déclarer suspects par leurs opinions. — « Si un homme eût été soupçonné hier de vouloir mettre le feu à la poudrière , fallait-il donc attendre aujourd’hui pour l’arrêter?» — Puis il s’indigna de ce qu’on rencontrait dans les rues un infâme Dubayet, qui avait livré Mayence. Merlin de Thionville s’élança à la tribune; il rappela que la Convention avait déclaré que la garnison de Mayence s’était honorablement défendue , et avait bien mérité de la patrie. — « Dubayet n’était pas commandant de la place. Depuis il est allé combattre dans la Vendée. Ronsin , irrité qu’il y eût un honnête homme sincèrement dévoué à terminer cette guerre, le dénonça, et Bouchotte le fit mettre en prison. Je demande qu’on interroge depuis le dernier tambour jusqu’au premier officier, et les quatre cents braves soldats qui restent encore de la garnison de Mayence, et qu’on ose appeler des royalistes. »
Levasseur disait aux Jacobins que si Pitt et Cobourg étaient en prison, les contre-révolutionnaires les feraient mettre en liberté.
Fayau se plaignait amèrement que les patriotes fussent obligés de se taire devant l’aristocratie. — « Elle a des protecteurs, qui osent demander que la terreur ne soit plus à l’ordre du jour. — « Hier, dans la plaine de Grenelle, les patriotes apprenaient, sur les lambeaux sanglants de leurs frères, à détester l’aristocratie. » — Les patriotes doivent-ils remettre l’épée dans le fourreau ? la Révolution est-elle ache-