RENOUVELLEMENT DE L INSURRECTION
important que de suivre son plan. Pourtant il commençait à s'inquiéter de l’avoir mis à exécution, sans être approuvé par personne, et se plaignait qu’aucun représentant ne vînt à son armée. — « J’ai été contraint de tout prendre sous ma responsabilité; je n’ai pas eu l’avantage de recevoir votre approbation. Cruelle alternative ! mais j’ai fait ce que j’ai cru devoir faire; ma conscience ne me reproche rien ; vous rendrez justice à la pureté de mes intentions. Au moins, citoyens représentants, répondez à cette lettre. »
Il obtint enfin une réponse. — « Tu te plains de n’avoir pas reçu du comité l’approbation formelle de tes mesures; elles lui paraissent bonnes et tes intentions pures. Mais éloigné du théâtre de tes opérations, il attend les grands résultats pour prononcer dans une matière sur laquelle on a déjà été trompé tant de fois.... Extermine les brigands jusqu’au dernier : voilà ton devoir. »
Toutefois, un arrêté du comité paraissait prononcer une sorte d'amnistie pour tous les habitants qui déposeraient leurs armes entre les mains des autorités locales. La peine de mort était prescrite contre tous ceux qui n’obéiraient pas à cet ordre. En même temps le comité annonçait que Carrier allait, sur sa demande, être rappelé. On aurait donc pu supposer que les horreurs commises dans les départements de l’ouest étaient regardées comme excessives. Mais le gouvernement était loin de changer son système; il n’avait pas une pensée de modération ni d’indulgence. Barcre, au nom du comité de salut public, disait avec triomphe : — « Il ne reste de la Vendée que des cadavres de royalistes et quelques bandes de brigands qu’on poursuit. »