CONTINUATION DE CA GUERRE CIVILE
Précisément à cette époque Carnot faisait adopter par le comité un système général des opérations militaires. La marche que devait suivre chacune des armées de la République, les mouvements qu’elle pouvait entreprendre étaient indiqués sans beaucoup de détail : c’était une série de conseils prudents, qui n’avaient rien de circonstancié, ni de gênant pour la conduite des généraux en chef. Quant aux armées de l’Ouest, il semblait que Carnot n’eût aucune connaissance de ce qui s’y passait. — « Ces armées, disait-il, ont trois buts à atteindre : 1“ finir la guerre de la Vendée ; 2° garder les côtes ; 3° opérer la descente projetée sur les côtes d’Angleterre.
« 11 faut, pour le premier, de la cavalerie légère, quelques corps d’infanterie bien en masse et très-peu d’artillerie; pour le second de bonnes garnisons dans les ports et des corps de garde sur les côtes; pour le troisième une flotte nombreuse toujours prête. »
C’est ainsi que la Convention et le gouvernement révolutionnaire s’occupaient d’une si horrible guerre, de la dévastation de trois provinces et des massacres érigés en sytème militaire. On était au moment où régnaient les Jacobins, où ils avaient pris sous leur protection Vincent, Ilonsin et tous les généraux désignés et imposés au comité par la société. Ce fut alors que Phélipeaux fut sacrifié pour avoir dénoncé Rossignol, qui commandait sur la rive droite de la Loire; sans brûler et massacrer méthodiquement comme Turreau, il conduisait cette guerre d’une manière tout aussi insensée, et créait des bandes de Chouans, comme son collègue faisait renaître une armée vendéenne.