MADAME TALLIEN
vée? Non, il reste encore des aristocrates à combattre et à vaincre. »
C’était surtout contre Tallicn qu’étaient dirigées les attaques furibondes des Jacobins. Fayau demandait qu’il fût expulsé de la société, ainsi que Fréron et Lecointre.
Fréron justifit le langage qu’on lui reprochait de tenir à la Convention. — « J’ai parlé contre la tyrannie de Itobespierre; j’ai fait le tableau de ses cruautés; j’ai tonné contre sa barbarie, qu’y a-t-il en cela de répréhensible? J’ai dit que la mort était plus terrible quand on la prodiguait moins ; j'ai rappelé les grands principes de justice. Si ce sont des crimes, je m’en accuse; si je ne reste plus parmi vous, je porterai dans la Convention toute mon énergie pour y attaquer les intrigants et les calomniateurs à gages. »
Tallien avait été interpellé sur un fait de sa vie privée qui occupait alors beaucoup le public. Ses opinions actuelles et sa conduite étaient attribuées à une liaison, dont il ne se cachait nullement, qui durait depuis assez longtemps et qui se termina bientôt après par un mariage.
Pendant sa mission à Bordeaux, il avait rencontré une jeune femme déjà célèbre par sa beauté. M"” de Vins de Fontenay était Espagnole, fille d’un riche banquier nommé Cabarus. Peu de temps avant la Révolution elle avait épousé M. de Fontenây , jeune homme à peu près de son âge, qui appartenait à une famille de magistrature. 11 avait émigré; elle ne l’avait pas suivi, et profitant de la loi du divorce elle était devenue libre. Quelques relations de parenté l'appelèrent à Bordeaux , où Tallien, alors commissaire de