DÉSIR DE LA PAIX
raient plus le pays, les habitants, n’étant pas poussés au désespoir, en venaient peu à peu à désirer la paix et à la croire possible. Les courses des généraux vendéens, leurs réquisitions, la contrainte exercée pour recruter leurs bandes excitaient quelques mécontentements, puisqu’elles n’étaient plus destinées à défendre le canton; les combattants et même les chefs ne s'éloignaient qu’avec peine de leurs petits districts. De là naissaient des mésintelligences entre les généraux. Charette se plaignait de ne pas avoir été suflisamment secouru à l'attaque de Challans. Marigny avait refusé de concourir à une opération projetée et déclarait qu'il su bornerait à la défense des environs de Bressuire et de Cerisaie. Il fut condamné à mort par Charette et par StolTlet qui le lit fusiller.
Quelquefois, aux avant-postes républicains les paysans parlaient avec les soldats et ne cachaient point leur envie de cesser la guerre. Mais ils étaient méfiants; souvent avec des promesses d’amnistie leurs camarades avaient été conduits à la boucherie. S’ils étaient mécontents de leurs chefs, ils ne leur retiraient pourtant pas leur confiance ; leurs paroles n’avaient de signification que comme témoignage d’une lassitude qui éteignait leur ardeur et accablait leur courage.
Le comité de salut public, informé de cette disposition des esprits dans la Vendée, sc relâchait de sa démence révolutionnaire. Il commença par supprimer les commissions militaires établies par les représentants ou les généraux. Peu après , des rebelles du voisinage de Nantes ayant demandé quelles conditions ils pourraient obtenir, reçurent pour réponse écrite : — « Les rebelles seront reçus à se rendre;