‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 142 sur 168 · PROCLAMATIONS DES CREES VENDÉENS · texte numérisé non relu

PROCLAMATIONS DES CREES VENDÉENS

ils auront la vie sauve; la Convention décidera de leur sort. »

Cette politique nouvelle ne suspendait encore ni les opérations de l’armée républicaine , ni l’activité de Charetle et de Stofflet. Les paysans pouvaient être réellement disposés à une pacification; les chefs n’avaient point à espérer d’amnistie; d’ailleurs, par conviction sincère et par sentiment d’honneur, ils ne pouvaient consentir à se soumettre au gouvernement républicain; aussi commençaient-ils à s’inquiéter et à s’affliger de voir que la population pourrait les abandonner. Ils répandirent deux proclamations, l’une adressée aux républicains, l’autre « aux Français servant contre leur gré la République, » c’est-à-dire aux soldats.

Le langage de la première était violent et injurieux : — « Croyez-vous parler à des hommes intimidés et lassés de lutter contre vos efforts destructeurs ? détrompez-vous. Pouvez-vous croire que nous encenserons jamais le monstre républicain qui dévaste la France et a rendu le plus brillant royaume en horreur à toutes les nations? Un roi, la religion catholique et l’anéantissement de votre prétendue république, tels sont les motifs qui nous ont fait prendre les armes. Nous vous jurons que nous ne les quitterons qu’à ce prix.

« Vous nous engagez à rentrer dans nos foyers ! où sont-ils? Vous avez incendié nos maisons, égorgé nos femmes et nos enfants. Vous voudriez maintenant avoir nos récoltes et nos armes. Revenez de votre erreur ; cessez d’être les esclaves des hommes pervers qui ont juré la perte de la France; dégagez-vous de ces chaînes déshonorantes; anéantissez cette horde de

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