‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 149 sur 168 · CONFÉRENCE DES REPRÉSENTANTS ET DE CHARETTE · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE DES REPRÉSENTANTS ET DE CHARETTE

vos efforts et vos massacres. Nous combattrons jusqu’à la mort et vous ne régnerez que sur la tombe du dernier d’entre nous. »

C’était parler de bien haut, témoigner une complète ignorance de l’opinion dominante et proclamer les illusions du parti royaliste, au moment même où paraissait son impuissance.

Le manifeste de l’armée d’Anjou fut signé le 28 janvier 1794; le 12 février Charette et les représentants ouvrirent les conférences où devaient être discutés les articles de la pacification. Cette entrevue fut accompagnée de grandes précautions et d’un appareil extraordinaire. Charette et les généraux vendéens étaient logés au château de la Jaulnaye, sur le territoire occupé par les troupes républicaines ; une tente avait été dressée sur une lande voisine. Charette y arriva le premier, laissant en arrière son escorte de cavalerie pauvrement équipée, vêtue de grossières étoffes, sans nulle uniformité et portant au chapeau des cocardes de papier blanc. Peu après on vit venir, du côté de la ville, les représentants dans de belles voitures et accompagnés de cavaliers bien montés, d’une tenue militaire, en brillants uniformes. Ils restèrent à la même distance de la tente que les Vendéens.

Dès le début de la conférence, Charette posa nettement la question : — « M’appelez-vous, dit-il, pour une amnistie ou pour la paix ? — « Nous venons, répondit un représentant, pour réunir des Français qui n’auraient jamais dû être divisés. » Alors Charette remit au nom de son armée et de celle de M. de Sapinaud un projet de pacification; il posait les conditions suivantes : — « le libre exercice

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