MADAME T ALLIES
la Convention, exerçait toutes les vengeances révolutionnaires contre le fédéralisme, l’aristocratie et le négociantisme.
On en peut juger par la lettre qu’il écrivit le 30 novembre 1 793 : — ((La commission militaire marche toujours révolutionnairement ; la tête des conspirateurs tombe sur l’écbafaud ; les suspects sont enfermés ; les modérés, les insouciants, les égoïstes sont punis par la bourse. Toute la troupe du grand théâtre a été mise en arrestation. Nous avons détruit ce foyer d’aristocratie; la salle de spectacle a été investie au moment où il y avait plus de deux mille personnes; tous les gens suspects qui s’y trouvaient sont incarcérés. Plus de deux cents gros négociants ont été arrêtés; les scellés mis sur leurs papiers; la commission militaire ne va pas tarder à en faire justice. La guillotine et de fortes amendes vont opérer le scrutin épuratoire du commerce et exterminer les agioteurs. La raison fait ici de grands progrès. L’argenterie arrive en abondance à la Monnaie; décadi prochain nous célébrerons le triomphe de la philosophie. L’emprunt forcé va son train ; Bordeaux versera plus de cent millions dans les caisses de la République. »
Tallien était donc redouté et abhorré à l’égal des plus farouches proconsuls , lorsqu’il s’attacha à Mrae Thérésia Cabarus. Leur mutuelle affection devint fort publique. On crut alors remarquer que le redoutable et absolu pouvoir du représentant s’exercait avec plus d’humanité et de douceur. Ce changement fut attribué à son amour pour M”" Cabarus et à l’influence qu’elle prenait sur lui. Lorsqu’il quitta Bordeaux, elle y resta. Peu de temps après, arriva ce jeune Julien que Robespierre envoyait dans les dé-