DÉTRESSE DE ST0FFLET
des intrigues ou des discours, l’attachement des Vendéens à Dieu , au roi et à leurs chefs.
Deux jours après parut une longue proclamation, destinée à réfuter celle que Charette avait adressée aux Vendéens ; en parlant des signataires de la pacification , l'abbé Bernier s’exprimait en ces termes : « Les traîtres sont connus, leur main criminelle a signé sans frémir l’arrêt déshonorant qui détruit parmi nous la religion, le trône et la noblesse. »
Malgré ces paroles de guerre et ces menaces contre les Vendéens qui avaient traité avec la République, Stoillet n’était point résolu à commencer une lutte évidemment inégale. Les appels qu’il faisait à la population n’étaient plus écoutés; les paroisses de l’Anjou n’envoyaient plus leurs hommes. L’incendie et les massacres avaient cessé depuis plusieurs mois ; les cantonnements et les colonnes, soumis a une discipline stricte, ne pillaient et ne maltraitaient plus les habitants. Stofilet no les faisait plus marcher que par la crainte des punitions. 11 n’avait pu joindre au corps permanent de ses chasseurs soldés que cinq ou six mille paysans. Dans une telle situation, il n’était pas réellement décidé et son incertitude avait toutes les apparences de la duplicité; il tentait des négociations par des agents non avoués, et cherchait surtout à maintenir l’espèce d’armistice qui s’était établi entre les deux armées.
Mais le général Caudaux avait pris toutes ses dispositions et commençait à resserrer le cercle où subsistaient encore l’insurrection et l’autorité de Stofilet Les républicains avaient occupé Saint-Florent, sur la Loire; c’était un poste important pour les Vendéens;
DÉTRESSE DE STOFELET.
il assurait leurs communications avec les Chouans; d'autant plus essentielles en ce moment que tous les projets de résistance ou de soumission étaient conçus en commun. 11 essaya donc de reprendre Saint- Florent. L’attaque échoua, et StoITlet n’échappa à l’officier qui le poursuivait qu’en alléguant un commencement de négociation avec les représentants. Chalonnes , Chemillé , Chollet , Maulevrier furent successivement occupés; en même temps, au centre du pays insurgé, Bressuire et Cerisaie.
Selon un ordre des représentants, l’adjudant général Beker se laissa prendre par les avant-postes vendéens; il se fit conduire à Stofilet, qu’il trouva entouré de son conseil, composé d’une quinzaine d officiers. Il déclara que sa mission était de faire connaître les intentions pacifiques des commissaires de la Convention. Cette assurance fut accueillie avec contentement par Stofilet; il fit reconduire M. Beker par deux officiers, à qui les représentants répétèrent ce qu’il avait dit.
Le 31 mars, Stofilet et son conseil écrivirent au général Canclaux que « l’amour d’une paix qui assurerait le bonheur commun était le plus fort mobile de leurs sentiments. » Ils avaient nommé trois députés pour se rendre aux conférences qui devaient s’ouvrir à Rennes, et demandaient que, pendant les négociations, l’armée républicaine évacuât la portion du territoire vendéen dont elle venait de s’emparer.
Le général Canclaux ne pouvait penser à leur accorder une telle condition, il savait leur impuissance et la détresse qui les forçait à se soumettre. Si les représentants n’avaient pas eu la volonté arrêtée de terminer la guerre civile par une pacification, s’ils