‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 155 sur 168 · SOUMISSION DE STOFFLET · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE STOFFLET

avaient écouté ceux de leurs collègues et des généraux qui insistaient pour l’entier anéantissement d’un ennemi avec lequel une paix véritable était impossible, Stofflet, en peu de jours, eût été réduit à fuir seul , errant d’asile en asile. Canclaux répondit de la part des représentants Dornier et Morisson qu’il n’y avait point de conférences à Rennes , et que les chefs de Chouans étaient seulement admis à y venir signer la déclaration de la Jaulnaye. — « Si vos intentions sont pacifiques , vous pouvez vous rendre auprès des représentants , et vous les trouverez disposés à tout ce qui rendra la tranquillité à un pays trop longtemps malheureux. »

Stofflet ne sut pas encore se résoudre à traiter : mais les principaux officiers de l’armée d’Anjou , M. de Rostaing, Bérard, Lejay et quatre autres signèrent le 6 avril une déclaration pareille à celle de la Jaulnaye. Les représentants lisaient de patience pour arriver à une solution pacifique; ils suspendaient les opérations militaires ; ils fermaient les yeux sur les infractions aux arrêtés de pacification, qui se commettaient souvent dans les cantons déjà soumis par des bandes non encore désarmées. Canclaux était obligé d’envoyer une partie de ses troupes sur la rive droite , où quelques Chouans agissaient comme s’il n’avait pas été question de paix; cependant Stofflet était réduit à se cacher et à fuir. La forêt de Vezins fut fouillée avec soin, et l’on finit par découvrir les magasins des rebelles.

Enfin, le 26 avril, il demanda une entrevue aux représentants. Bernier s’était déjà rapproché d’eux et leur avait promis de servir aussi bien le parti qu’il

SOUMISSION DE 8TOFKLET.

prenait que celui qu’il avait suivi jusqu’à ce moment. L’adhésion de StoHlet et de tous les officiers divisionnaires à la pacification fut signée le 2 mai, au château de la Baronière, près de Saint-Florent. Il fut permis à Stofilet d’habiter Maulevrier, comme simple citoyen.

Dans les négociations de Nantes et de la Jaulnaye , des articles secrets avaient été convenus.

Il avait été promis, à titre d’indemnité pour pertes ou dévastations, des sommes assez considérables; Charette devait recevoir deux cent mille francs; Sapinaud une allocation beaucoup moindre. Les otliciers de Stofilet, qui avaient signé à cette époque bien avant leur chef, avaient eu leur part; elle était forte pour un nommé Trotouin, homme important dans eet étatmajor pour les affaires, les correspondances ou l’administration de l’armée d’Anjou. Il avait demande et obtenu cent mille francs, la moitié en numéraire. Les chefs des Chouans avaient aussi été rétribués. Lors de cette dernière pacification , Stofilet demanda seulement qu'on lui donnât de quoi vivre; mais Bernier eut cent mille francs '.

Le comité de salut public avait d’avance autorisé ce genre de dépense. 11 lui fut rendu un compte détaillé des crédits qui avaient été accordés aux représentants négociateurs; ils fournirent l’état nominatif des Vendéens ou Chouans auxquels les sommes avaient été remises.

Dornier et Ituelle se rendirent aussitôt à Paris et apportèrent à la Convention l’acte souscrit par Stof-

1 Demandes faites au comité de salut public par les représentants du peuple, par suite de la pacification de la Vendée et des Chouans.

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