GUERRE AVEC L ESPAGNE
tifs d'une guerre défensive; même après le 10 août, le ministre de France à Madrid écrivait : — « Je puis vous rassurer sur les dispositions de la cour d’Espagne; le roi catholique ne prend aucune résolution. Peut-être sera-t-il déterminé , plutôt par l’intérêt de son royaume que par ses sentiments personnels. L’Espagne n’a rien de menaçant et, dans tous les cas, elle n’a rien de redoutable. »
Mais après que l’intervention du roi d’Espagne en faveur de Louis XVI eut été injurieusement écartée, après le supplice du chef de sa maison, il était impossible que la guerre n’éclatât point; elle futdéclarée par la Convention, sur le rapport de Barère, le 7 mars 1793. Parmi les nombreux griefs qui motivaient cette détermination, on lisait :
« Considérant que le roi d’Espagne a manifesté son attachement à la cause de Louis, et son dessein de le soutenir, si l’on n’obtempérait point àson intervention;
« Qu’à la nouvelle de l’exécution de Louis, il a outragé la République en interrompant toute communication avec l’ambassadeur de la République, et qu’il a refusé de s’engager à observer une étroite neutralité envers la France. »
Cela eût été difficile, puisque les hostilités avaient commencé, de la part de la France, même avant la déclaration de guerre, ét que des lettres de marque avaient été délivrées aux corsaires dès le 26 février. Ce fut seulement le 23 mars qu’une cédule du roi d’Espagne annonça la guerre. La Convention avait donc mis une extrême précipitation à entreprendre une guerre sans doute inévitable, mais que l’Espagne n’était point pressée de commencer.
Gl'ERRE AVEC L ESPAGNE.
Ce n’est pas que le gouvernement de la République eût rien préparé pour entrer en campagne. Nulle disposition n’était prise; nul plan n’était arrêté. 11 n’y eut d'abord qu’une seule armée des Pyrénées; elle avait été récemment formée. Au mois de novembre 1792, la Convention, dans l’appréhension des hostilités, avait envoyé des commissaires pour réunir des forces sur la frontière; jls écrivirent bientôt après: — « l/organisation de l’armée des Pyrénées se continue avec succès; les dispositions sont prises pour la subsistance et l’exercice des troupes. Les sociétés populaires entretiennent dans ces contrées l’esprit républicain, et «assurent que dix mille hommes suffiront pour rendre toute la frontière inexpugnable; elles ont rétabli la fraternité parmi les Basques que le fanatisme divisait; elles ont donné aux bohémiens le droit de voter dans les assemblées primaires: elles dénoncent les administrations civiles et militaires, ainsi que les tribunaux. »
Deux mois après, l’administration du département de la Haute-Garonne donnait à l’Assemblée les informations suivantes : — « Le ministre de la guerre a laissé l'armée des Pyrénées dans un dénûment absolu ; il n’a point fait préparer de logements pour les soldats; ueuf cents malades ont été abandonnés, sans lit et sans médecins; il a fait rétrograder des trains d’artillerie qui étaient envoyés dellochefort à Toulouse; sur toute la frontière de l’Océan à la Méditerranée, il n’y a que huit pièces de canon. »
Ce ministre était Pache, le protégé des Jacobins; il fut mandé au comité de défense générale où Carnot lui dit : — « Vous n’avez rien fait pour organiser l'armée des Pyrénées, et voiis avez tout fait pour la désor-