‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 163 sur 168 · NÉGOCIATIONS AVEC L’ESPAGNE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS AVEC L’ESPAGNE

siane. « Car, disait-on, il importe, pour terminer la Révolution, d’avoir à coloniser un vaste territoire. »

M. Bourgoing remontra que de telles conditions ne pouvaient être proposées, si on avait un désir sincère de faire la paix. — « Eh bien, répondait le comité, il faudra avoir recours à de nouvelles victoires;» — puis on parla d’indemniser l’Espagne, en lui livrant le Portugal. Cette façon de découper à son gré la carte d’Europe, de supprimer des royaumes, de dépouiller des dynasties, étonnait beaucoup le sage diplomate; il lui semblait que c’était l’esprit révolutionnaire porté dans la politique extérieure. Sans se rendre à ses objections, le comité finit par ne pas lui donner d’ultimatum et il fut chargé d'obtenir le plus d’avantages qu’il serait possible. Une bonne et utile condition fut suggérée parle comité d’agriculture : le gouvernement espagnol donnerait à la France un certain nombre de béliers et de brebis mérinos; il n’y avait alors en France d’autres moutons de cette race que ceux qui avaient été placés à Rambouillet par Louis XVI.

Les plénipotentiaires français hrrivèrent à Figuières au milieu du mois de mars 1795. Le gouvernement espagnol n’avait encore envoyé aucun négociateur et l’on apprit bientôt par une réponse deM. Ocariz à M. Bourgoing, qu’il n’avait pas cru devoir parler de sa lettre au duc d’Alcudia. C’était le titre qu’avait reçu depuis peu don Manuel Godoï, devenu favori de la reine et du roi d’Espagne, ministre des affaires étrangères et dès lors vrai souverain de ce royaume. « — 11 faudrait préalablement, disait M. d’Ocariz, connaître les dispositions du gouvernement français ; s’il faut en croire les bruits publics, les conditions ne seraient pas proposables. »

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