DISCOÜBS DE MERLIN DE THIONVILLE
vengeances personnelles, veulent aujourd’hui couvrir tant de forfaits en terrifiant le tribunal qui doit les juger, en effrayant la Convention. »
La séance était devenue tumultueuse, les acclamations des uns avaient provoqué les apostrophes des autres.
Merlin continuait du même ton. — « Ceux qui sont couverts du sang des Français, qui redemandent sans cesse ce terrible gouvernement dont les vrais amis du peuple voudraient ensevelir la mémoire; ces hommes ne cherchent qu’à opprimer la Convention. Lisez la séance d’hier au soir des Jacobins, vous y verrez que les victimes sont indiquées, vous y verrez que des représentants du peuple sont mis sous les poignards.
— « Voulez-vous connaître les assassins deTallien et ceux qui méditent encore de nouveaux crimes? Entendez cette phrase prononcée aux Jacobins : — u Des mesures de sûreté générale furent prises ; d’au- « très se préparent encore dans le silence. » — Je vais vous dire quelles étaient ces mesures de sûreté générale! On fit arrêter Réal et Dufournv , ces deux anciens amis de la Révolution ; et savez-vous quels étaient les motifs de leur arrestation , motifs que le comité ne porta point sur ses registres? Réal devait être le défenseur des Nantais, et on voulut l’en empêcher parce qu’il aurait indiqué les vrais coupables, et qu'il aurait fait traîner à l’échafaud les vrais conspirateurs. » — Un mouvement d’indignation agita l’ Assemblée. — « Gardez tout votre courage, vous en avez besoin pour entendre ce qüc je vais vous dire.
— « Le comité révolutionnaire de Nantes a envoyé à Paris cent trente-deux victimes, sans que ces infortunés aient subi aucun interrogatoire, sans aucune for-