‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 25 sur 168 · PROCÈS DES HANTAIS · texte numérisé non relu

PROCÈS DES HANTAIS

cents hommes pour se transporter à la prison du Bouffay, se saisir des prisonniers désignés dans la liste ci-jointe, leur lier les mains deux à deux, et les transporter au poste de l’Éperonnière, où ils prendront en outre les prisonniers qui y sont détenus , et les fusilleront tous indistinctement de la manière que le commandant jugera convenable. » — Le commandant s’était opposé à l’exécution de cet ordre, et l’avait dénoncé à la réunion des autorités constituées, qui l'annula.

Il fut raconté comment avant le départ des prisonniers, un agent du comité était venu leur proposer de racheter leur vie. — « C’est ici, leur disait-il, la guerre des gueux contre les riches. C’est le moment de faire des sacrifices ; vous avez devant vous un exemple qui doit vous faire trembler. Vous connaissez le sort des prêtres embarqués sur des chaloupes coulées à fond; redoutez le même traitement. »

Un des membres du comité nommé Grandmaison, avoua sa signature apposée à l’ordre donné de fusillêr les prisonniers; il convint d’une noyade de cent dixneuf personnes exécutée sous ses yeux; il l’avait fait régulariser six semaines après par un arrêté du comité. C’était ainsi qu’il se justifiait.

Ses collègues ne firent pas les mêmes aveux. Un nommé Chaux, qui niait toute participation aux mesures du comité, ajouta qu’il avait des déclarations à faire contre un des accusés qui s’appelait Poirier ; et comme il le cherchait des yeux sur les bancs, il lui arriva de dire: — «Est-il mort ou vivant?» Ces mots firent frémir d’indignation toute l’assistance, et le président rappela le témoin au respect de l’humanité et de la justice.

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