‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 26 sur 168 · PROCÈS DES NANTAIS · texte numérisé non relu

PROCÈS DES NANTAIS

Tous protestèrent que la compagnie Marat faisait des arrestations sans aucun mandat d’arrêt, et sans que le comité en eût connaissance. Le président leur fit remarquer que cette circonstance, loin d’être une excuse aggravait la culpabilité du comité.

La plupart des témoins donnèrent un spectacle hideux au tribunal et à l’auditoire. Voici comment le bulletin du tribunal en rend compte. « Ils se sont respectivement accusés d’avoir pris part aux scènes d’horreur et de cruauté commises envers les détenus. Ils sont convenus d’avoir signé des ordres de noyades et de fusillades sans en connaître les motifs. Des prêtres noyés, au nombre de cent soixante-deux, ont d’abord été mis à nu , dépouillés de tous leurs effets dont le partage s’est fait entre leurs barbares exécuteurs. On apportait au comité l’argenterie des détenus et on se la distribuait. La cupidité la plus dévorante, la férocité la plus inouïe, l’ambition la plus démesurée, l’intrigue pour parvenir à son but et pour exercer des vengeances particulières, le goût des repas somptueux et des orgies , les attentats à la pudeur des femmes ou des filles qui venaient réclamer leur mari ou leur père. « Tels étaient les forfaits et les mœurs des révolutionnaires de Nantes.

Un témoin, dont la déclaration était attendue avec une avide-curiosité, Carrier, se tint dans une complète réserve, se présenta comme étranger à toutes les horreurs qui étaient racontées, et rejeta toute responsabilité sur le comité, même la formation de la compagnie Marat. Les lettres qu’il avait écrites à la Convention, les signatures qu’il avait apposées à des actes publics, la notoriété publique, tout cela semblait comme non avenu. Ses dénégations furent complètes et im-

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