‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 27 sur 168 · PROCÈS DES NANTAIS · texte numérisé non relu

PROCÈS DES NANTAIS

perturbables. Il rendit même un témoignage favorable aux prisonniers nantais : c’était pourtant à sa connaissance et sous son autorité qu’ils avaient été traînés à Paris.

11 est vrai que le président du tribunal ne le pressa point de questions comme les autres témoins et ne fit aucune remarque sur ses réponses. Carrier était représentant du peuple : la Convention était-elle disposée à le poursuivre et à le mettre en jugement? C’est ce qui, en ce moment, était plus que douteux. Les membres du comité de Nantes évitèrent de le charger et de rien rejeter sur lui ; il pouvait encore les protéger contre l’accusation juridique dont ils étaient menacés.

Le ministère public insista sur l’accusation de fédéralisme à l’égard de quelques-uns des accusés. Les principaux étaient Sottin qui fut depuis ministre sous le Directoire, et Villcnave, mort il y a peu d’années, laissant une honorable mémoire. Un autre, qui était comme le président et le chef de ce nombreux convoi de prisonniers, I’helipe Troncjoli, avait aussi encouru l’imputation de fédéralisme. Il avait pourtant été nommé par Carrier président du tribunal révolutionnaire de Nantes. Mais dès le commencement de ses fonctions , il se refusa à laisser exécuter tous les prisonniers en masse , sans jugement , comme le voulait le comité. 11 donna alors sa démission , et fut lui-même mis en arrestation comme contre-révolutionnaire.

En conclusion, l’accusateur public s’en rapporta à la sagesse des citoyens jurés , « dont les décisions, dit-il, sont toujours marquées au coin de la justice et de l’impartialité. »

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