‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 28 sur 168 · ÉTAT DE L'OPINION A PAIUS · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L'OPINION A PAIUS

Parmi les libertés que le 9 thermidor avait rendues à la France, la libre défense des accusés n’était pas la moindre. Un avocat, qui avait déjà été défenseur de la reine devant le tribunal révolutionnaire, Tronçon-Ducoudrai, plaida pour Troncjoli, ou plutôt contre le comité de Nantes et Carrier. Son discours fut une vive peinture de toutes les horreurs qui avaient été commises dans cette malheureuse ville. — «Il suffit, citoyens jurés, d’avoir jeté un coup d’œil sur les figures des accusateurs pour être pleinement convaincu que le crime accusait l’innocence ; mais on saura enchaîner ces hommes sanguinaires, qui voulaient vous transformer en bourreaux. »

Le jury déclara que Troncjoli et neuf autres accusés étaient auteurs ou complices d’une conspiration contre la République , mais sans intention contrerévolutionnaire ; et qu’à l’égard des autres prévenus, le fait n’était pas constant.

Ils furent donc tous acquittés. Le président leur adressa un discours où, avec un ton paternel, il les excusa de leur faute et loua la justice du jury. Toute la salle retentissait du cri — « Ils sont acquittés; tant mieux! vive la République! » — La foule qui se pressait à la porte et sur l’escalier répétait ces exclamations de joie.

Toutes ces révélations des crimes de la Terreur et la hardiesse chaque jour croissante de la presse devenue libre, imprimaient à l’esprit public un mouvement dont les Jacobins s’inquiétaient. Pendant longtemps ils avaient agité une partie de la population et donné à quelques quartiers de Paris des habitudes de turbulence; maintenant, d’autres opinions qu’ils avaient

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