ÉTAT DE L’OPINION A PAIHS
longtemps opprimées , d’autres classes de la société qu’ils avaient proscrites, d’autres sections dont les habitants leur avaient toujours été contraires, manifestaient bruyamment leurs sentiments de haine. La joie de leur délivrance les animait de plus en plus.
Garnier de Saintes en parla à la Convention : — « Depuis huit jours, je vois dans Paris des hommes qui lèvent une tête audacieuse. Il y avait hier au Palais- Égalité, qui redevient le Palais-Royal, des êtres insolents qui outrageaient les patriotes, et surtout ceux qu’ils pouvaient soupçonner d’être Jacobins. C’est un mouvement contre-révolutionnaire et royaliste. Ces hommes impurs arrivent à Paris pour se joindre au parti qui prétend sauver le peuple. Ils ne sont pas amis du peuple, les hommes qui dînent à cinquante livres par tête; ce sont des correspondants de la Vendée, des aristocrates mis en liberté. Mais il y a dans la Convention et dans le peuple un courage énergique qu’on ne pourra vaincre ; sans la Convention, la liberté est perdue. »
Dubois-Crancé était alors à peu près dans la même voiequeFréronou Merlin deThionville; il répondit: — « 11 est temps que la Convention se prononce et fasse cesser les fluctuations où veulent l’entraîner quelques brigands couverts de crimes et qui ont pillé la République. Oui, il y a deux partis à Paris; l’un est composé des amis de la liberté ralliés autour de la Convention; l’autre, de ces hommes pervers qui ont servi le despotisme de Robespierre, qui ont trempé leurs mains dans le sang. » — De semblables paroles étaient toujours approuvées et applaudies.
— « C’est particulièrement dans les anciens comités révolutionnaires que se trouvent les conspirateurs;