INSURRECTION A MARSEILLE
« vivent les sociétés de patriotes bien intentionnés, et « périssent tous les coquins! » Le gouvernement doit régir avec une main de fer, mais ce doit être la main de la justice. »
Cette éloquence de boucher eut beaucoup de succès; ce genre d'exagération plaisait alors aux spectateurs des tribunes.
Le débat fut terminé par un renvoi aux comités. Mais la situation de Marseille et des provinces méridionales devait occuper longtemps la Convention; les mesures qu’elle avait ordonnées n’obtinrent d’abord nulle obéissance. Les commissaires écrivaient le 27 septembre : « Marseille a levé l’étendard de la rébellion; la Convention a été outragée, les lois méprisées; on a attenté à la vie des représentants. Depuis quinze jours ils savaient qu’on voulait les assassiner. Le moment d’exécuter ce projet est venu. Ils l’ont attendu avec fermeté et courage, ils ont résisté aux meurtriers. »
Après avoir fait exécuter les arrestations ordonnées par les decrets, les représentants étaient à dîner avec l’état-major de la force armée, et gardés par un faible détachement. Une foule séditieuse investit l’hôtel, un des émeuliers entra dans la salle armé de deux pistolets et s’avançant vers Auguis, il lui dit : — « Voilà ici le peuple souverain qui vous demande la liberté des hommes que vous avez fait arrêter; si vous ne les rendez pas tout de suite, prenez garde à vous. »
Auguis parvint à lui ôter ses armes; puis, sortant avec son collègue , tous deux essayèrent de ramener les séditieux à l’obéissance et à la raison. Auguis fut maltraité, ses habits déchirés, et il courut un véritable danger. Le général commandant la division ne fut pas mieux écouté que les représentants.