LES JACOBINS
n'osaient plus se montrer à la tribune. L’aversion générale commençait à les poursuivre.
La société des Jacobins allait redevenir le siège du parti révolutionnaire ; les orateurs de cette tribune s’animaient pour défendre et conserver la domination que ce club central et ses affiliés avaient établie sur toute la France.
Le lendemain du 9 thermidor, la société avait maudit la mémoire du tyran Robespierre qu’elle adorait la veille. Elle s’était hâtée de rappeler dans son sein les hommes qu’elle avait exclus : Tallien , Fouché, Thuriot, Dufourny. Dans tout ce qui se rapportait à la chute des triumvirs et à l’affranchissement de la représentation nationale, elle n’était pas restée en arrière de la Convention. Les sociétés populaires de province avaient aussi envoyé des adresses de félicitation.
Après avoir été épurée par Robespierre et dans son intérêt, elle s’était encore épurée en expulsant ses partisans ; de sorte que c’était une société renouvelée où les représentants montagnards venaient chercher une faveur et des encouragements qui leur étaient refusés aux séances de la Convention.
La mise en liberté des détenus excitait donc une vive opposition aux Jacobins. Maure y dénonça le nouveau côté droit de l’Assemblée, composé, disait-il, de parents des détenus qui faisaient retentir la salle d’applaudissements, dès qu’on proposait des mesures de modérantisme. — « Des députés ont l’impudeur de solliciter l’élargissement d’hommes qui n’attendent peut-être leur sortie que pour aller se joindre aux Chouans. »