DÉFENSE DE CARRIER
fendre Carrier. Ils soutinrent que la Convention ayant à prononcer sur une dénonciation , devait exiger qu’elle ne restât point vague et anonyme; ils voulaient qu’elle fût formelle, et signée par un iudividu responsable.
Le rapport avait été lu par Romme; il n’avait rempli aucune mission dont le souvenir fût fâcheux; il n’était pas un fougueux orateur; son nom n’avait jamais liguré parmi les promoteurs de décrets tyranniques ou sanguinaires, mais il était révolutionnaire passionné. Il appuya la proposition des Montagnards, et prenant ouvertement la défense de Carrier, il dit: — « Que les témoignages portés contre lui avaient été provoqués ou mendiés ; que les déclarations des membres du comité révolutionnaire de Nantes, traduits en justice pour leurs actes de férocité, ne pouvaient faire foi contre un représentant du peuple; quant aux pièces, lui, rapporteur, n’en avait vu qu’une seule qui fût signée; son travail avait été fait sur des copies collationnées. »
La commission des vingt et un avait été désignée par le sort, et elle se trouvait composée en majorité de représentants appartenant à la Montagne plutôt qu’à la Plaine. Toutefois, les membres de cette commission, quel que fût leur parti, ne purent écouter patiemment le rapporteur, qui parlait contre ses propres conclusions, et contre l’opinion dont il devait être l’organe. L’n représentant peu connu, mais qui acquérait de jour en jour plus de considération dans l’Assemblée, liaudin des Ardennes, donna un démenti formel à Romme. — « Le rapporteur a vu toutes les pièces qu’il a voulu ; il est le seul qui ait un avis opposé à celui de tous ses collègues ; il a eu com-