MAIGNET; DESTRUCTION DE BÉDOUIN
le tribunal, s’il y a lieu à examiner la conduite de Maignet.
Legendre, encouragé parla disposition où il voyait l’Assemblée, renouvela une autre et plus grave accusation. — « Comment des horreurs pareilles ont-elles pu se produire sur tous les points de la République, lorsque la Convention avait confié les rênes du gouvernement à un comité de salut public, qui devait avoir les yeux ouverts, et arrêter les atrocités qui se commettaient journellement? Et il ne vous en a rien dit! Avaient-elles donc un cours si naturel, qu’elles ne soient pas venues à sa connaissance ? Qu'a fait ce comité? Je le déclare avec toute l’énergie de mon âme, l’ancien comité de salut public est coupable. Quoi ! on noyait à Nantes, on fusillait à Lyon, et le comité n’en savait rien ! On brûlait des communes, on égorgeait les habitants, et le comité n’en savait rien ! On envoyait dans le nord un Lebon; il y commettait toutes sortes d’horreurs; il y employait des formes qu’on a osé appeler « acerbes, » et le comité n’en savait rien! Je dis qu’il en savait quelque chose, puisque Barère est venu le défendre.
« La Convention ne doit garder aucun ménagement. Faites le procès aux coupables, ou la postérité vous le fera en masse.
«Employez les formes, prenez tout le temps nécessaire, mais prouvez au peuple que vous voulez la justice, et que le commissaire à qui vous donnez de grands pouvoirs et qui en abuse, est plus coupable à vos yeux qu’un voleur de grand chemin. «
Rovère, qu’on n’avait pas voulu écouter trois mois auparavant, attesta qu’il avait dénoncé à l’ancien comité de salut public les atrocités de Maignet, et qu’il v. 13