‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 53 sur 168 · ESPÉRANCES DE PAIX · texte numérisé non relu

ESPÉRANCES DE PAIX

les populations qui voudraient déposer les armes et rentrer paisiblement dans leurs foyers. »

Carnot proposait donc une proclamation écrite dans un esprit d’indulgence. — « La Convention vous pardonne, si vous posez les armes, si un repentir sincère vous ramène au peuple français. Sa parole est sacrée, et si d’infidèles délégués ont abusé de sa confiance, il en sera fait justice. » Ces bonnes paroles étaient accompagnées de paternelles exhortations ; un décret contenait les dispositions annoncées par la proclamation . Six représentants, choisis parmi les députations de l’ouest et dont la modération était connue , furent en même temps envoyés sur le théâtre de la guerre civile.

Le choix des généraux témoignait aussi de l’intelligence et de l’humanité avec laquelle cette guerre allait être conduite. Ce qu’on ne disait pas à la Convention, ce que le comité ne s’était peut-être pas encore avoué: c’est qu’il s’agissait de traiter pour la paix et non pas de l’imposer en continuant la guerre. C’est ce que Hoche, qui commandait en Bretagne, reconnut bientôt, ainsi que Canclaux qui était à Nantes et avait sous ses ordres l’armée des deux rives de la Loire.

L’action du gouvernement conventionnel s’exercait contre la coalition des puissances européennes, avec bien plus d'efficacité que contre les factions de l’intérieur. Depuis plus de six mois, les armées avaient marché de victoire en victoire. La Hollande était envahie; les deux rives du Rhin occupées; les Pyrénées franchies. Le comité comprenait qu’il était possible et indispensable de recueillir le fruit de tantde triomphes et de conclure une paix honorable. Il commençait à en entrevoir la possibilité, mais en même temps

Page 1