CONTINUATION DU DÉSORDRE DANS L’ASSEMBLÉE
tra d’autant plus sympathique à son irritation qu'il l'exprima convenablement. On cria de tous côtés :
« Vive la République! »
Le comité de sûreté générale avait déjà délivré des mandats d’arrêt contre l’auteur et l’imprimeur; l’ouvrage était saisi et l’auteur devait être traduit devant le tribunal révolutionnaire. Les thermidoriens se montraient aussi vifs que les Montagnards. Bourdon de l’Oise s’écriait : — « Je ne mettrai jamais d'autre limite à l’autorité d’un roi qu’un poignard.
— « Un individu, un Français qui voudrait un roi, disait Maillie, ne serait pas un homme, ce serait un tigre, un ennemi de l’humanité entière. On devrait mettre sur-le-champ hors la loi quiconque prononcerait le mot de royauté. »
Cambon saisit cette occasion pour parler contre le journal de Fréron et contre la tyranuie de Tallien, « plus pesante, disait-il, que celle de Robespierre. »
La Convention écoutait tous ces discours des républicains ardents, les accueillait avec faveur, et en ordonnait l’impression. Des adresses, des pétitions furent présentées pour demander vengeance d’une œuvre contre-révolutionnaire.
Cette ferveur d’indignation se refroidit bientôt; de plus graves incidents préoccupèrent les esprits. Delacroix, traduit d’abord devant les tribunaux ordinaires, fut acquitté. Le comité de sûreté générale, sans respect pour la chose jugée, le renvoya devant le tribunal révolutionnaire qui l’acquitta de nouveau.
L’harmonie de sentiments républicains, qui s’était manifestée à l’occasion de ce livre, ne put ramener