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LIBERTÉ DE LA PRESSE

d’une longue oppression , Tallien et ses amis faisaient chaque jour un pas de plus dans une route nouvelle pour eux. Pour la première fois, depuis le 14 juillet, les vainqueurs entreprenaient de remonter le cours de la Révolution.

Mais ils n’étaient encore ni assez décidés ni assez forts pour soumettre le parti jacobin ; peut-être avaient-ils peur de le trop vaincre, mais ils y étaient forcés par la nécessité de se défendre contre ces éternels ennemis de l’ordre public et de toute autorité.

Dans cette situation, parmi les Thermidoriens, les uns voulaient établir leur pouvoir, tandis que les autres voyaient qu’il en résulterait une alliance avec . les modérés, les proscrits et les opprimés; par conséquent une réaction menaçante. Chaque opinion cherchait à se recruter, à prendre influence sur l’esprit public, à exciter les passions, à agiter les esprits.

Ce fut ainsi que des deux côtés on réclama la liberté de la presse. Nul ne fit d’abord d’objection : chacun la voulait illimitée, la réclamait comme, un droit naturel dont l’homme et le citoyen ne pouvaient être privés que par la tyrannie. Elle existait par les lois, et le gouvernement révolutionnaire n’avait jamais eu la pensée de la réglementer; il lui avait suffi d’appeler conspiration les opinions qui lui étaient contraires, et de faire couper la tête aux journalistes. Aussi Tallien disait-il que la seule garantie de la liberté de la presse était dans le gouvernement : — « Elle n’existe pas quand il est despotique, elle doit être illimitée lorsqu’il est légal. » — C’était parler en vrai révolutionnaire qui ne connaît aucun milieu entre le des-

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