MAU AT EXCLU DU PANTHÉON
Cette malédiction adressée aux terroristes et aux buveurs de sang, avait trop emprunté leur langage; elle n’avait pourtant rien de plus cannibale que les discours de Legendre, de Merlin de Thionville, et surtout que les feuilles de Fréron. L’auteur avait disposé en rimes les paroles dont avait retenti la tribune , de la Convention. L’initiative de la réaction vengeresse était veuue des thermidoriens.
Le ltéveil du Peuple eut un succès rapide et universel. On le chantait dans les réunions, on le demandait à grands cris aux théâtres, il retentissait dans les rues. Bientôt il fut répandu dans toute la France; c’était la Marseillaise de la réaction. Quelques semaines après, les tribunes publiques de la Convention, à l’ouverture de la séance, chantèrent en chœur, sans être rappelées à l’ordre, ces deux hymnes; le souvenir de l’une comtae de l’autre devait rester attaché à plus d’un acte sanguinaire.
Le succès incontesté de ces premières expéditions encouragea les jeunes gens; ils résolurent de mettre fin à l'adoration de Marat. Laignelot, au nom du comité de sûreté générale, rendit compte à la Convention de ce qui s’était passé au théâtre de la rue Feydeau : c’était le théâtre en faveur et à la mode. Le rapporteur essaya de prendre au sérieux un événement qui, pour l’opinion publique, n’était qu’un sujet de plaisanterie.
— « Des jeunes gens, égarés par des royalistes ou des terroristes, ont abattu le buste de Marat. Le comité a vu dans Marat un représentant du peuple dont la mémoire a été solennisée. C’est donc un attentat contre la nation, une espèce d’avilissement de la