MARAT EXCLU DU PANTHÉON
Convention. » — On applaudissait à gauche, on riait à droite.
— • « Jusqu’à ce que le temps ait prononcé sur Marat, le décret doit être respecté. Le comité de sûreté générale a pris des mesures pour rétablir le calme; l’image sera redressée, et l’on est à la poursuite des conseillers perfides , qui se cachent derrière le voile. »
Les modérés approuvèrent le langage du rapporteur et la conduite prudente du comité. — « Il faut, disait l’un d’entre eux, respecter le décret, mais laisser l’opinion publique juge des hommes que, dans un moment d’enthousiasme, on a crus grands. »
Goujon, Montagnard passionné et sincère, disait avec chagrin : — « Moi qui ai toujours été de bonne foi, qui ai toujours aimé la justice, j’ai voté le Panthéon pour Marat. Je m’associais alors à l’enthousiasme du peuple. Le temps viendra où l’on appréciera les hommes de la Révolution. Lepelletier et Marat seront comparés avec ceux qui n’ont jamais eu pour la chose publique que des cœurs froids. »
On passa à l’ordre du jour. Dès le lendemain le buste de Marat rétabli au théâtre Feydeau, fut de nouveau jeté à bas. La même scène eut lieu dans d’autres théâtres. Un buste fut traîné dans la rue et jeté dans l’égout Montmartre; il y en eut aussi un qui fut pendu devant la porte d’un ancien membre du comité révolutionnaire. Le Moniteur raconta avec grande satisfaction ce nouvel exploit de la jeunesse parisienne, et en prit occasion pour rappeler et réimprimer la circulaire du 2 septembre, dictée et signée par Marat, ainsi que les plus horribles phrases qu’il avait dites ou écrites.