MARAT EXCLU DU PANTHÉON
— h Aucun décret n’a été violé, disait le journal. On n’a point violé le Panthéon souillé des cendres de Marat; cet asile qu’une loi a donné au crime, a été respecté. De quel droit un comité ou une assemblée pourrait-elle instituer et prescrire un culte public?
« L’adoration d’un homme peut -elle être commandée? La volonté du peuple s’est montrée unanime; ce nouvel échec des partisans du terrorisme et de la sanguinoeratie, ne peut qu’affermir la tranquillité publique. »
Le comité de sûreté générale reconnut qu’aucune loi n’ordonnait de respecter le buste de Marat. — « La conduite des jeunes gens prouve, disait le rapporteur, plus de légèreté que de mauvaise intention. »
Ce qui était beaucoup plus grave, c’étaient les rassemblements qui depuis quelques jours se montraient au faubourg Saint-Antoine. Les prédications de révolte d’un nommé Babœuf qu’il avait fallu arrêter; les clubs qu’on essayait de rouvrir : telles étaient les circonstances qui imposaient à la Convention le devoir de prendre des mesures efficaces , si elle voulait maintenir le règne de la justice et de l'humanité.
Dès qu’on exposait à la Convention les desseins ou les tentatives du parti jacobin et les périls dont il menaçait l’ordre public, on était assuré de trouver la majorité vivement disposée contre les opinions et les principes anarchiques. André Dumont proposa, au nom des trois comités, de revenir à la stricte observation de la loi, qui avait statué que les honneurs du Panthéon ne seraient jamais décernés aux grands hommes, moins de dix ans après leur mort. On avait