‹ Histoire de la Convention nationale. T. 5Chapitre 72 sur 168 · RAPPORT DE I.A COMMISSION DES VINGT ET VN · texte numérisé non relu

RAPPORT DE I.A COMMISSION DES VINGT ET VN

était plus qu’aucun autre porté à regarder les faits accomplis comme une conséquence fatale de la Révolution. 11 n’avait pas une pensée de vengeance contre les accusés; les sacrifier lui paraissait seulement une nécessité de gouvernement. C’est un des rares instants où Siéyès a cru que son temps était arrivé; qu’il allait être appelé à réaliser ses idées, à régir sa création.

Chénier, qui devait bientôt être le plus ardent adversaire de la réaction, se rangea sous la direction de Siéyès, et fut son orateur dans la commission.

Le rapporteur était Saladin, un des soixante-treize. 11 commença par développer l’idée de Siéyès : — « Nous nous sommes demandé si la tyrannie a été exercée sur le peuple, si l’oppression a pesé sur la Convention? Oui, il y a tyrannie quand la terreur devient le ressort et l’âme du gouvernement. En vain voudrions-nous le dissimuler; la France entière nous dirait : « Un état destructif de tout gouvernement, « subversif de tout ordre, exclusif de toute vertu, « n’a que trop existé. >■

Après un tableau du régime de la Terreur, le rapporteur semblait pourtant penser qu’une accusation ne pouvait être fondée que sur des faits personnels. Il établissait par pièces et par témoignages que le bureau de police générale dirigé par Robespierre et Saint-Just n’était pas distinct du comité de salut public; aucun ordre ne devait en émaner sans la signature de tout ou majorité du comité. Il rappelait un grand éloge de cette police générale prononcé par Barère à la tribune de la Convention le 7 thermidor.

En même temps il citait des ordres d’arrestation

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