SITUATION NOUVELLE DE LA CONVENTION
nement; c’était la Convention. Les comités étaient délégués par elle pour délibérer les mesures qui ne pouvaient pas être discutées publiquement; mais les représentants , dans les comités comme dans l’Assemblée, étaient libres et sans responsabilité de leur opinion; elle cessait d’être la leur quand elle avait été adoptée. »
Il suivait de cette doctrine que si la souveraineté du peuple est absolue et qu’elle soit déléguée à la majorité d’un corps délibérant, toute garantie disparaît et l’exercice de l’autorité publique est irresponsable. C’est bien ainsi que l’entendaient les révolutionnaires; il leur fallait le despotisme jusqu’à ce que l’insurrection ou les voies de fait vinssent le renverser.
Collot posa plus crûment les principes du gouvernement révolutionnaire. — « Tout acte arbitraire, toute mesure extraordinaire inutile pour sauver la patrie est condamnable : ce qui est nécessaire est légitime ; sans cela la dévolution n’inspirera plus de confiance; ce qui était bien l’année dernière sera un crime aujourd’hui. » — Puis Collot justifiait la Terreur, les échafauds et les massacres par. les victoires des armées de la République. Cet argument, qui n’était pas admis alors , a été reproduit plus tard.
La mise en arrestation des quatre principaux membres du gouvernement de la Terreur, donnait à la majorité de la Convention une puissance beaucoup mieux assise. Les accusés n'étaient point autant que le disaient les thermidoriens les promoteurs des emportements et des complots du parti jacobin; mais la détermination prise contre eux était un acte de force