DISCOURS DE REWBELL
Rewbell montra moins de sécurité. 11 était un républicain très - prononcé et s’inquiétait facilement sur le maintien intégral de l’œuvre révolutionnaire.
— « Il faut que la Convention connaisse l’état actuel de l’opinion de Paris. On dit beaucoup que le cri de vive la République , ce cri qui fait tressaillir de joie tout cœur qui n’est point de boue, qui électrise toute âme qui n’est point de glace : que ce cri est entendu avec indifférence dans nos théâtres. En même temps, dans les rassemblements qui se forment chaque jour à la porte des bouchers et des boulangers, on insinue que cet étal de disette durera tant que nous n’aurons pas la constitution de 1791. Comme si un roi pouvait nous donner du pain! comme s’il pouvait nous donner autre chose que des fers !
« Avant le 9 thermidor, on manquait de tout; les malheureux mouraient de faim; on ne pouvait avoir ni pain, ni viande, ni huile, ni chandelle, rien enlin de ce qui est nécessaire à la vie. Si alors quelqu’un eût dit: « Vous payerez le pain et les vivres cher, mais a vous en aurez; vous pourrez avoir douze œufs chez « vous sans craindre d'être poursuivi comme acca- « pareur; il disparaîtra, cet instrument odieux qui « donne la mort à tant de victimes, et qui blesse vos re- « gards, » on aurait embrassé les genoux de l’homme qui aurait fait cette promesse : elle est accomplie, accomplie par la Convention. On ne sait pas quels sont les efforts des comités de gouvernement pour ramener un peu d’aisance; toutes les ressources étaient détruites, tout était perdu. »
Cette peinture de la misère des classes populaires pendant la Terreur, et de la haine que leur avait