LES JACOBINS DE
applaudi à la chute de Robespierre, plusieurs d’entre eux y avaient pris une part active. Ce qu’ils pouvaient désirer c’était l’établissement de la république démocratique; ce qu’ils pouvaient craindre, c’était une réaction ardente et des vengeances indéfinies. Or, la majorité de la Convention partageait et leurs vœux et leurs appréhensions. Comme eux les thermidoriens et les amis de Danton avaient pris part au règne de la Terreur, jusqu’au jour où elle les avait menacés; comme eux ils étaient des hommes du 10 août, du 21 janvier, du 31 mai. Comme eux ils avaient été représentants en mission et avaient intérêt à l’oubli du passé. Quant à maintenir les échafauds , cela n’était pas plus possible aux uns qu’aux autres; ils avaient été renversés en même temps que Robespierre. Les Montagnards euxmêmes ne l’avaicnt-ils pas fait périr ainsi que ses trois amis et cent municipaux ou membres du tribunal révolutionnaire, en punition du sang qu’ils avaient versé?
Il fallait donc gouverner à d’autres conditions ; pour exercer le pouvoir, il fallait comprendre quelle conduite était nécessaire. Les thermidoriens ne s’étaient point hâtés; ils avaient prévu avec inquiétude la réaction; mais ils étaient entraînés à concéder quelque chose à l’opinion publique et aux réclamations contre ce qui subsistait encore du régime de tyrannie, de cruauté, de spoliation. Ce fut alors que les Jacobins manifestèrent les plus folles colères; aucun homme doué de discernement politique, aucun orateur, aucun chef ayant le caractère du commandement, ne leur restait. Ils se livrèrent à des méfiances et à des peurs exagérées. Leur amour-propre s’exaspéra; ils n’étaient plus la classe dominante; ils ne régnaient plus dans les comités de la Convention ; ils n’étendaient plus sur v. 21