PAIX AVEC LA PRUSSE
la République française et le roi de Prusse. » Tels furent les termes du premier article.
Il n’y avait aucune difficulté sur ce point. 11 était résolu d’avance, puisque le roi de Prusse traitait. Il y aurait eu impossibilité de régler la grande question, la question de territoire. Ce que la France avait conquis sur les deux rives du Rhin n’appartenait au roi de Prusse que pour une faible part; il n’avait pas qualité pour disposer du territoire de ses alliés , ni des États des princes de l'empire. La France ne pouvait exiger de lui rien de plus que ce qu’il accordait; la conclusion fut donc ajournée au moment où la paix pourrait être faite avec les autres puissances de l’Allemagne. En attendant une pacification générale, les troupes de la République devaient occuper toute la rive gauche du Rhin, et évacuer les territoires prussiens de la rive droite. La signification ultérieure de cet article était sous-entendue. La France avait déjà dans l’opinion nationale et dans la volonté de son gouvernement la ferme résolution de se donner le Rhin pour limite. La Prusse de son côté prévoyait que dans une paix générale, imposée à l’empire germanique, elle pourrait se faire donner de larges indemnités.
Le 10 avril 1795, Rewbell avait donné connaissance du traité à la Convention, en exposant tous les avantages dans un rapport dont le langage était simple et sensé. Quatre jours après , l’Assemblée ratifia le traité avec de vives manifestations de contentement et sans qu’aucun orateur eût demandé la parole; tant la majorité, devenue maîtresse du terrain, comprenait qu’en pareille matière et en de telles circonstances, la confiance dans le gouvernement est indispensable et les discussions nuisibles à l’intérêt ou à l’honneur natio-