‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 113 sur 295 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Sut

quelles succèdent, en allant par en haut, des marnes irisées plus claires. Elles ferment l'étage des lcttenkohle dont le maximum de puissance est de 150 pieds. Le keuper moyen, d’une épaisseur environ de 550 pieds, commence alors. Il contient beaucoup de gypse et probablement du sel gemme. Son apparition est marquée par une marne dolomitiquc dure qui formesa limite en Thuringe, en Souabc et en Lorraine, et se reconnaît aisément à ses bandes de couleur jaunâtre tranchant sur le fond gris brunâtre. Elle se transforme bientôt en bancs de calcaire gris et est remplacée par des lits de gypse et de marne. Ceux-ci alternent en couches minces, le premier formant des veines fibreuses verticales, la seconde des fragments irréguliers. Ils se succèdent alternativement un si grand nombre de fois, qu’il est impossible de les décrire avec exactitude. Nous devons cependant encore mentionner la disposition du gypse en forme de réseau entre les joints de la marne, comme un phénomène qui tendrait à prouver une infiltration postérieure en connexion avec des actions de métamorphisme. Dans beaucoup de contrées, dans le Wurtemberg par exemple, on observe à la partie supérieure une couche arénacéc de plus de 60 pieds qui a pris le nom de gris à Calamites (schilfsandstein), â cause de sa grande richesse en plantes de la famille des Equisétacécs(Cô/nmiIes). Elle contient encore quelques traces de bouille. On y trouve aussi de curieux débris de Reptiles et on peut la considérer comme la limite supérieure du keuper moyen. — Des grès siliceux particuliers nommés yrès cristallisés et qui ont presque l’aspect scoriacé, constituent les assises du keuper supérieur ou keuper bigarré. Il se compose principalement de marnes tendres et friables, de couleur claire rougeâtre, jaunâtre, verdâtre et bleuâtre, qui alternent jusqu'à 100 fois avec d’autres bancs plus durs et compactes, appelés marne endurcie (steinmergel). Audessus, le grès devient grossier et se transforme même quelquefois en un vrai conglomérat avec rognons de silex et d’agate; mais il reste blanc, parce que le ciment formé de feldspath désagrégé est incolore. On retrouve cependant encore des couches argileuses à couleur tranchée rouge ou violette bleuâtre. Elles séparent le grès blanc du grès jaune supérieur à grain fin qui contient seulement quelques rares couches de marne brune et présente quelques végétaux fossiles isolés. On y trouve aussi des coquilles et des os de Vertébrés, des dents de Poissons et des squelettes de Sauriens, qui

jouent un si grand rôle dans le système entier du trias et reproduisent des formes analogues aux types plus anciens du grès bigarré et du muschclkalk.

Cette grande formation, caractérisée par la régularité et la concordance de ses assises, s’étend sur la partie centrale de l’Allemagne et constitue une grande partie de la superficie totale de notre pays. On retrouve le grès bigarré partout dans les contrées entre le Hart/, et le Thuringerwald, dans la Hesse et le duché de lîadc. II s’étend encore à l’est en Pologne et en Russie, à l’ouest en franco et sur une grande partie de l’Angleterre. En Allemagne et dans les contrées avoisinantes, le muschclkalk s’y rattache trèsintimement, mais il manque en Angleterre. Le keuper se montre avec puissance surtout dans l’ouest des districts qu’il occupe. En Thuringe, il forme la partie centrale du grand plateau sillonné par les vallées des fleuves et se prolonge à travers la Franconie et la Souabe jusque dans le nord de la Suisse et dans la partie orientale tic la France, où il repose sur les deux flancs opposés des Vosges et de la Forêt-Noire. En Angleterre, le sol des comtés du centre entre Gloccster et Liverpool et de là jusqu’à l’embouchure de la Tees est formé de grès bigarré et des assises du keuper, qui ensemble ont plus de 1500 pieds de puissance. Le trias, dans les Alpes, prend un aspect particulier au point de vue de sa composition minéralogique comme de ses fossiles. Aussi n’est-ce qu 'après les observations les plus minutieuses et les plus complètes sur le parallélisme de ses couches avec celles de l’Allemagne, qu’on a pu constater son identité. Au grès rouge correspondent des grès puissants schistoïdes, de couleur rouge ou verte, avec des enclaves considérables de gypse, d’argile salifère et de sel gemme. Ils forment une bande presque ininterrompue qui, parlant de la haute Autriche, s’étend à travers le Salzbourg jusqu’à Halle dans le Tyrol. Les géologues autrichiens leur ont donné le nom de terrain werfenien , à cause du grand développement qu’ils prennent à Werfen dans le Salzbourg. Ils se continuent encore dans le sud du Tyrol et dans les montagnes de la Lombardie. Au-dessus d’eux vient un calcaire avec dolomie, noir et stratifié en couches minces, qui s’unit intimement avec eux. On lui a donné le nom de calcaire de Gülten emprunté à la localité ou il se présente avec sa forme typique. Dans les Alpes du nord, celles de la Bavière, du Tyrol et de la Lombardie, il représente le mu-

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