‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 125 sur 295 · T. TERRAIN TERTIAIRE · texte numérisé non relu

T. TERRAIN TERTIAIRE

Les couches que l’on rassemble actuellement sous le nom île groupe tertiaire ne sont pas caractérisées par leur composition particulière, mais plutôt par la quantité des fossiles qui y existent et par leur grande ressemblance avec les formations modernes. Les roches de celte période n'ont aucune propriété minéralogique particulière, et bien qu’on puisse, en thèse générale, leur attribuer avec raison comine caractère propre une densité plus faible et une texture plus poreuse, il se trouve cependant dans ce système des calcaires, des grès et des conglomérats qui ne le cèdent en rien aux plus anciens par leur dureté et qui par leur structure matérielle se prêtent à tous les usages qui rendent les roches plus anciennes si précieuses. Ils alternent, comme dans les groupes antérieurs, avec des sables poroux, des assises de marne et des bancs d’argile. De vastes couches de charbon, connue on n’en rencontre plus ni dans le terrain jurassique ni dans le crétacé, reparaissent intercalées entre les sédiments tertiaires, mais avec une autre forme qui porte le nom de liynile. La composition minéralogique uc différant pas de celle des roches antérieures et même -des plus anciennes, la formation des terrains tertiaires a donc dù s’opérer d’après les mêmes procédés que celle de ces étages antérieurs. Si on y remarque une solidité un peu moindre, cela s’explique de soi-même par le manque de la pression énorme que toutes les couches postérieures ont exercé sur les plus

anciennes, les comprimant pendant dessuitesde siècles en une masse compacte. Il faut encore tenir compte pour celles-ci de la plus grande pureté de leur substance plus homogène, qui a contribué aussi a accroître leur dureté.

A côté de cet important caractère général, nous en trouvons encore un second appartenant à notre période, sans lui être plus spécialement exclusif. La présence fréquente de dépôts lacustres au milieu des autres couches marines prouve la part considérable que les eaux fluviales ont prise à la formation des sédiments tertiaires. La détermination de celte part n’est peut-être pas aussi diflieileque beaucoup le croient ; elle se déduit sans difiiculté do la connaissance des organismes fossiles de chaque assise. Lorsque ces fossiles appartiennent à des animau ; dont les analogues vivants n’habitent que des étangs, des fleuves et des lacs d'eau douce, nous en concluons à bon droit que leurs prédécesseurs ont en un genre de vie semblable. Lorsque parmi ces animaux d’eau douce, il s’en trouve aussi de marins, nous admettons que des bassins d’eau séparés ont été mélangés par des bouleversements et que leurs habitants sc sont trouvés enfouis dans la même couche; si, enlin, nous ne rencontrons dans d’autres strates <juc des animaux marins , nous les considérons comme des dépôts de l'Océan. Les animaux terrestres peuvent exister dans les trois groupes de couches, suivant qu'ils vivaient sur les rives des eaux intérieures, où sur les côtes de la mer, où sur les deux points à la fois. Leur présence n’indique donc rien de certain pour l’origine des assises. Néanmoins, la découverte fréquente de squelettes de Mammifères est très-caractéristique pour le terrain tertiaire et constitue une particularité qui, bien plus encore que la présence d'animaux d’eau douce, met au jour la grande ressemblance avec les temps actuels do cette période la plus jeune avant l'époque ou nous vivons.

Abu d’avoir quelques points de repaire certains, pour établir l äge relatif et la correspondance des couches tertiaires, qui sont extrêmement variées et n’occupent que rarement de grandes étendues, on a pris pour guide leurs fossiles, d’après lesquels on les a divisées en trois groupes subordonnés, à savoir : les couches tertiaires inférieures, moyennes et supérieures. Mais comme dans les couches inférieures les fossiles analogues à ceux d’aujourd’hui sont beaucoup moins nombreux que dans les couches moyennes,

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