‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 127 sur 295 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

et celui-ci se transforme en conglomérats ou en poudingucs, tandis que, sur d’autres points, ils alternent avec du calcaire argileux et du calschiste. Ces roches, ainsi que les couches nummulitiques, atteignent une puissance de plusieurs mille pieds et sont élevées jusque sur des crêtes de 10,000 pieds d’altitude. Le plus souvent elles revêtent des formes qui, moins âpres que le calcaire de montagnes, sont sans crêtes et -sans pics abrupts et déchirés, et elles se recouvrent d’un riche manteau de verdure sur leurs pentes et sur leurs terrasses. Leur connexion intime avec les couches nummilitiques se déduit exclusivement des rapports de stratification et nullement des fossiles. Le flysh se caractérise, d’un côté par l’absence complète de débris organiques dans la plupart de ces couches, et d’un autre côté par les masses de Fucoïdes qui existent dans certains bancs de schiste et de grès d’où leur est venu le nom de schiste à Fucoïdes, grès à Fucoïdes. Ainsi, dans les couches nlnnmulitiques, ce sont des animaux de l’organisation la plus inférieure, des Foraminifères <|ui s’y montrent en masses énormes ; dans le flysh, au contraire, ce sont les plantes les plus imparfaites; car les Fucoïdes, appartenant à la famille des Algues, sont des végétaux mous et cellulaires. Actuellement ils forment, sous le nom de Varech, dans l’Océan, la mer de sargasse, et sont employés à plusieurs usages industriels. Le schiste à poissons du Monte-Boica .et du Liban reparaît avec une forme particulière dans le flysh. Les schistes tégulaires et tabulaires, exploités au Plaltenberg, près de Glarus en Suisse, et exportés au loin depuis des siècles, font aussi partie du flysh et contiennent les seuls poissons que l’on trouve dans tout ce groupe. Ils se sont déposés à l'état de binon vaseux, à de très-grandes profondeurs, où aucune autre espèce d’animaux et de plantes ne pouvait vivre. Les débris nombreux de poissons consistent exclusivement en squelettes ; on n’y retrouve ni écailles ni cuirasses. Ils proviennent de Poissons osseux tout à fait différents des rares espèces qui existent dans le terrain crétacé, et semblables à ceux qui vivent dans les mers actuelles. En fait d’autres animaux, jusqu'ici on n’a retrouvé que deux petites Tortues de mer cl deux squelettes d’oiseaux du genre Passereau. Ils proviennent des schistes de Glarner.

Le calcaire grossier, du bassin de Paris, lorme un autre étage puissant des couches tertiaires inférieures; il dut commencer à se déposer avant que le terrain nummulitique lut achevé. La masse

principale constituant cet étage est le calcaire grossier, carbonate de chaux de couleur grise, brunâtre ou jaunâtre. Sa texture varie beaucoup; tantôt tendre, tantôt dure, tantôt poreuse, tantôt presque terreuse. Les grandes quantités de grains de sable qu’il renferme sur certains points, lui donnent un aspect rude d’où lui est venu son nom. Il contient aussi quelquefois des grains verts de chlorite qui lui donnent un aspect tacheté sombre.

Le calcaire grossier est encore plus important pour Paris que la pierre de Portland pour Londres ; il y constitue, à peu près â lui seul, le matériel des constructions. Depuis des siècles on l’emploie pour tous les édiiiees qui font l'orgueil de la capitale de la P rance. De bonne heure, avec l'accroissement de la population, l'exploitation pur la surface dans les carrières à ciel ouvert n’a plus sufli, cl on a été forcé de creuser des galeries souterraines dont l’immense étendue embrasse plus d'un huitième d’un mille carré. Les hauteurs des environs de Paris, sur lesquelles les nouveaux forts reposenL, sont criblées de ces carrières, et beaucoup d’entre elles sont â peine capables de supporter avec sûreté les commotions et les ébranlements d’une forte canonnade qui éclaterait à leur sommet. Plusieurs fois déjà, on a vu s’effondrer les toitures des voûtes, qui d'abord n’avaient pas été faites avec assez, de soin et de prudence, et il en est résulté de grands dangers pour une partie de la ville située au sud de la Seine au-dessous de laquelle s'étendent les excavations. On a été forcé de consolider des espaces entiers par des voûtes en construction ou en les comblant. D'autres ont servi de dépôt pour les nombreux ossements provenant d’un nettoyage général des cimetières où ils s’y étaient accumulés, depuis plus de six siècles, eu tas qui dépassaient la hauteur d’un homme. .Mais de nouveaux accidents obligèrent bientôt l'administration de la ville de changer celte destination et de remplacer les ossements mous et friables par de solides piliers pour empêcher l’effondrement de toute une partie de la ville. De temps en temps encore on aperçoit dans beaucoup d’endroits des signes menaçants ; personne n’ose plus descendre dans ces lieux effrayants remplis par les ossements de vingt-cinq générations disposés avec ordre, et errer au milieu de ces haies de crânes, en redoutant à chaque instant de se voir écrasé sous la chute de quelque masse détachée de la voûte. Celui que n’arrêterait pas ces craintes, rencontre la défense de la police qui interdit l’en-

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