‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 128 sur 295 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

tréc des souterrains. Toutes les ouvertures publiques ont été murées, afin d’éviter toute occasion d’accident; on ne trouve plus que quelques portes cachées dans les caves des maisons voisines. Pendant mon séjour dans la grande ville, je ne pus me donner une idée de ces horreurs souterraines qu’à l’aide de représentations figurées.

Au-dessus du calcaire grossier dû bassin de Paris, qui, d’après ses fossiles, a dû se déposer dans un golfe où venaient se déverser des eaux douces, se trouvent diverses assises marneuses et arénacées, dans lesquelles on rencontre de nouveau des animaux marins. Elles se sont probablement formées après un envahissement de la mer qui avait repoussé les eaux douces hors du bassin. Cette période ne dura pas longtemps; la mer se retira une seconde fois et les eaux douces affluèrent de nouveau. Elles donnèrent naissance au dépôt le plus récent du bassin. D’après tout ce que nous venons de dire, l’ensemble des couches tertiaires de Paris forme une série très-variée. Elle se compose d’au moins six étages distincts, dont trois sont d’eau douce et deux d’origine marine. L’étage le plus bas commence par des sables glauconifères à grain fin, atteignant jusqu’à 55 pieds d’épaisseur ; puis vient l’argile plastique, épaisse de 20 pieds et renfermant de petits amas de lignite : on n'y trouve que des coquilles d’eau douce et les débris de mammifères éteints. Au-dessus se montrent des sables, des grès et des conglomérats avec coquilles marines et une épaisseur de 160 pieds, puis enfin des sables glauconicux et des argiles. Le second étage comprend le calcaire grossier marin, glauconifère et arénacé dans ses couches inférieures, puis pur sur une épaisseur de 60 pieds. Plus haut il devient feuilleté, souvent poreux et présente une grande abondance de coquilles appartenant au genre de Gastéropodes Cerilhium, ce qui lui a fait donner le nom de calcaire à Cérites ; enfin tout à fait à sa partie supérieure ap|>arai.sscnt des marnes semblables à de la craie et contenant des rognons de homstein. Le troisième étage se compose de sables blancs avec bancs et blocs de grès. Il atteint jusqu'à 120 pieds d’épaisseur et renferme des coquilles marines et des coraux. Comme quatrième étage on renrontre, au-dessus des calcaires marneux bigarrés avec silex, le gypse de Montmartre, devenu célèbre j»ar les beaux travaux de Cuvier. 11 renferme de nombreux ossements de mammifères et est recouvert par des marnes d’eau douce,

des calcaires el des pierres meulières. Ces quatre étages appartiennent au terrain tertiaire inférieur et à la formation éocène. Comme cinquième étage, correspondant au tertiaire moyen on miocène, on rencontre une nouvelle formation marine commençant par des marnes et des bancs d’hultrcs. Un sable micacé, qui en haut se transforme en un grès solide et contient des coquilles marines, constitue la couche principale de cette dernière formation marine. Le quartz d’eau douce, l’assise la plus basse du sixième étage, la recouvre. Celui-ci se présente sous la forme d’un grès siliceux dur et résistant avec mollusques d'eau douce dans ses couches supérieures ; au-dessus se montrent les calcaires d'eau douce constituant de grandes étendues le long de la Loire jusqu’à Angers, et fermant le terrain tertiaire supérieur ou jiliocène du bassin de Paris. Ils «ont recouverts seulement par les dépôt« diluviens el les altuvinns.

L’étude' de cette formation, étendue sur des surfaces si restreintes, a été particulièrement favorisée par cette circonstance «pie la capitale de l’Angleterre repose aussi sur des couches qui, par l’époque de leur dépôt, correspondent avec celles du bassin de Paris, mais s’en écartent ordinairement par leur composition minéralogique. Ces deux districts, étudiés minutieusement dans la structure de leurs couches, ont été considérés longtemps comme les principaux représentants de la formation tertiaire. En Angleterre aussi les couches les plus inférieures sont composées de sable et d’argile. Elles correspondent au sable marin inférieur et à l’argile plastique du bassin de Paris et sont recouvertes par une puissante assise de plus de 100 pieds d'argile tenace, brune qui a emprunté son nom à la capitale (Loudon-clmj) A'dlv argile de Londres fut d abord assimilée au calcaire grossier «le Paris . mais en comparant soigneusement leurs fossiles, on reconnut qu’elle n’avait, qu’une très-faible similitude avec lui, et très-grande au contraire avec le sable marin ancien. Au calcaire grossier correspondent plutôt des sables trèspuissants et des argiles (barton beds et biujsluit-sund ), dont les coquilles sont presque toutes identiques. Ils manquent près de Londres et se trouvent, ainsi que les étages supérieurs analogues, dans le bassin de Hampshire et dans l'ile de Wiglit. On y reconnaît les deux dernière* couches éoccnes de Paris, composées de bancs de sable, de marnes, d'argiles et de calcaires renfermant les fossiles caractéristiques, ainsi q\ie les mammifères du gypse de Montmartre.

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